Le ciel se dégage entre l’Union Européenne et les Etats-Unis. Après la Commission et le Parlement, le Conseil des Ministres réuni à Bruxelles le 22 mars a unanimement approuvé l’accord conclu entre l’UE et la fédération américaine sur l’ouverture du trafic aérien transatlantique (« Open Skies »). Il appartient à présent au Congrès américain de le ratifier, ce qui devrait avoir lieu le 30 avril. Il ne s’agit là que d’une première phase, le but étant la libéralisation totale d’ici 2010.
Par cet accord, le ciel européen est totalement ouvert. Les Etats-Unis reconnaissant la citoyenneté européenne, les compagnies de l’UE peuvent décoller vers le territoire américain au départ de n’importe quel aéroport, y compris hors du pays dans lequel elles sont basées. Les compagnies américaines peuvent quant à elles atterrir n’importe où sur le sol européen, embarquer des passagers et poursuivre vers d’autres destinations au-delà du pays d’escale.
La Grande-Bretagne réticente
Ce nouveau droit n’est cependant pas réciproque : une compagnie européenne ne peut pas effectuer des correspondances sur le réseau domestique américain. Ceci est l’une des raisons pour lesquelles le Royaume-Uni a demandé des aménagements au traité. Si la seconde phase des négociations n’aboutit pas à la libéralisation totale du trafic d’ici à 2010, chaque pays aura le droit de suspendre les dispositions de l’accord.
Cette clause adresse un signal fort aux Etats-Unis sur la nécessité de la poursuite des négociations. Elle permet également à la Grande-Bretagne de se ménager le droit de protéger Heathrow. Selon Willie Walsh, le Président de British Airways, l’Europe a en effet gaspillé son meilleur atout sans obtenir de concession réellement importante de la part des Etats-Unis. L’aéroport phare de la desserte du territoire américain au départ de l’Europe va en effet être ouvert à tous et non plus seulement à la compagnie britannique, à Virgin Atlantic, American Airlines et United Airlines. Mais Londres Heathrow étant déjà plus que congestionné, l’accord attendra le 30 mars 2008, l’ouverture du terminal 5 et donc l’augmentation des slots disponibles pour entrer en vigueur.
Le dernier problème est que les investisseurs européens auront certes le droit d’acquérir davantage d’actions qu’aujourd’hui dans les compagnies américaines (plus de 50%), mais pas de posséder plus de 25% de celles donnant un droit de vote dans leur conseil d’administration. L’Europe s’est réservé le même droit de limitation.
Perspectives
Jacques Barrot, vice-Président de la Commission Européenne en charge des Transports, a cependant fait valoir les avantages de ce premier traité. Il suspend tout d’abord les accords bilatéraux passés par chaque pays avec les Etats-Unis depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Il donne également l’opportunité à onze pays européens supplémentaires d’avoir une liaison directe vers le territoire américain.
Il devrait ainsi apporter plus de 25 millions de passagers supplémentaires annuellement sur les liaisons aériennes transatlantiques, faire diminuer leurs tarifs et créer 80.000 emplois. Très bien accueilli par les compagnies américaines, avec raison dirait British Airways, il a également enthousiasmé d’autres transporteurs en Europe. Air France y voit par exemple l’opportunité de renforcer son alliance avec ses partenaires de SkyTeam. Quant à Aer Lingus, elle n’a pas perdu une seconde pour annoncer l’ouverture de trois nouvelles liaisons à partir d’octobre vers San Francisco, Orlando et Washington.










