Âgée de seulement 24 ans, Stéphanie est ce que l’on appelle une fille déterminée. Originaire de la région Centre, elle a toujours été attirée par la mécanique.
C’est donc tout naturellement qu’elle s’oriente en 2007 vers une formation en maintenance industrielle. Son BEP Bac pro maintenance des équipements industriels en poche, elle décroche un premier emploi de tourneuse-fraiseuse. L’expérience est de courte durée. Certains reprochent à Stéphanie d’être une femme. Loin de se décourager, la jeune femme se remet à la recherche d’un emploi, toujours dans l’industrie, et finit par se faire embaucher comme soudeuse. Encore une fois, la misogynie à raison de sa passion.
Elle enchaîne alors les petits boulots, notamment en boulangerie. « Mon patron n’avait pas pu me garder », raconte-t-elle. Après cette énième amertume professionnelle, les portes de l’industrie aéronautique s’ouvrent à elle. Pôle emploi lui propose de suivre une formation d’ajusteur financée en partenariat avec l’un des plus gros recruteurs du bassin d’emploi de Bourges, le missilier européen MBDA. Elle profite de cette opportunité et saisit à nouveau sa chance.
Après trois mois passés à l’AFPI pour la formation théorique et neuf mois en intérim chez MBDA pour la partie pratique, elle est embauchée en CDI par le constructeur européen. Une page se tourne, enfin. Ne rien lâcher, toujours y croire, pourrait-on résumer. « Je me suis battue », se souvient Stéphanie, aujourd’hui seule femme ajusteur dans l’atelier ATR de MBDA à Bourges.
Chargée de l’étanchéité des caissons centraux de voilure des avions ATR, elle ne s’y sent pas jugée, nous confie-t-elle. Aujourd’hui, Stéphanie est satisfaite et heureuse d’avoir enfin trouvé un emploi sécurisé dans lequel elle est reconnue pour ses compétences et surtout qui lui permet d’envisager sereinement l’avenir dans une région minée par la désindustrialisation. Quand on lui demande où elle se voit dans quelques années, elle nous souffle sans hésiter chez MBDA, chez qui elle envisage de vivre sa vie professionnelle.

