« Dans son état actuel, Volta n’est pas commercialisable. Il nous sert à prouver qu’on peut voler pendant 10 à 20 minutes et que l’hélicoptère électrique est une réalité. Nous n’avons pas d’ambition commerciale, nous voulons être précurseur », explique Philippe Antoine, concepteur de ce micro hélicoptère monoplace conventionnel (équipé de deux rotors — principal et anticouple) à propulsion électrique.
L’appareil a été présenté le 18 novembre dernier à l’ENAC à Toulouse en marge des premières Assises Aéronautique et Développement durable, organisées dans le cadre de la COP21. L’école nationale de l’aviation civile s’est associée à ce projet en avril 2015 pour la partie avionique en mettant au point l’interface homme-machine qui permet notamment de mesurer en mode de vol les températures des deux batteries, leur charge totale, ou encore la vitesse des rotors. Connaître la température des batteries permet de prévenir la surchauffe. « À 110 degrés, il faut arrêter les moteurs », explique Stéphane Conversy, enseignant-chercheur à l’ENAC.
L’hélicoptère qui a servi de base à la fabrication de Volta, le Microcopter, a été développé il y a 15 ans par Philippe Antoine, chef de projet dans l’industrie aéronautique civile. Pour réaliser son premier vol prévu dans les prochains jours sur l’aérodrome de Muret-Lherm, Volta n’attend que l’autorisation de la DGAC. Si cet hélicoptère n’est pas le premier à propulsion électrique développé en France (Pascal Chrétien avait fait voler le premier hélicoptère électrique au monde en deux minutes en 2011), il s’agit toutefois du tout premier hélicoptère conventionnel électrique. « On revendique de réaliser le premier vol d’un hélicoptère conventionnel électrique », s’enthousiasme Philippe Antoine.
D’autres partenaires, bénévoles et sociétés, ont travaillé sur ce projet porté par Aquinea, société installée à Pompertuzat (31). C’est le cas notamment du lorrain SIMB qui a réalisé la partie mécanique, de Protelec qui s’est occupé de l’électronique ou encore de Vibratech qui a analysé les vibrations.
Prochaine étape, Volta2
Grâce aux tests réalisés au sol, l’autonomie de Volta en vol stationnaire est évaluée entre 10 et 15 minutes à ce jour. Avec le projet de développement de Volta2, hélicoptère électrique biplace destiné à la formation initiale de pilotes notamment à l’ENAC, l’autonomie pourrait passer à 30 minutes, puis jusqu’à une heure dans quelques années avec des batteries encore plus performantes.
Silencieux, quatre fois moins cher qu’un hélicoptère traditionnel grâce à son faible coût d’entretien, de maintenance et d’exploitation, le Volta ne présente que des avantages pour séduire les écoles de pilotage d’hélicoptère.


