La DGA et la Marine nationale ont effectué dimanche 5 mai un tir d’essai du missile balistique M51 à partir du SNLE Le Vigilant, au large du Finistère. Ce tir a été un échec – le premier depuis le début du programme en 1996 – le missile s’étant autodétruit en cours de manœuvre. La Marine nationale tente actuellement de retrouver les débris en mer, ce qui pourrait aider l’enquête lancée pour déterminer les causes exactes de ce revers.
Ni le ministère de la Défense, ni la DGA, ni Astrium n’ont pour l’instant dévoilé de nouvelles informations. Les résultats de l’enquête qui a débuté ne devraient toutefois pas être rendus publics, le M51 étant au cœur de la dissuasion nucléaire, elle-même classée secret-défense.
Ce tir était destiné à valider l’intégration du M51 Le Vigilant, un des quatre SNLE de la Marine nationale. Le sous-marin Le Terrible en est déjà équipé depuis 2010. Le M51 a été mis en service en septembre 2010 et doit en théorie remplacer le M45 à l’horizon 2018. Doté de six têtes nucléaires, le missile de 12 mètres et pouvant peser jusqu’à 56 tonnes possède une portée d’environ 8 000 kilomètres.
C’est plutôt une mauvaise nouvelle pour la DGA, le ministère de la Défense et les industriels participant au programme, tant du point de vue technique que du point de vue politique : La dissuasion nucléaire, maintenue à environ 3,4 milliards d’euros par an et « garantie ultime de la sécurité, de la protection et de l’indépendance de la nation » selon le Livre blanc, est quelque peu mise à mal par l’échec d’hier. Le missile ayant un coût de 120 millions d’euros l’unité, ce tir raté va entraîner des coûts plus importants encore, relatifs à l’enquête d’expertise et aux nouveaux tirs qui vont immanquablement devoir être effectués pour la future validation du missile au sous-marin.








