Dernier volet des auditions, la coopération bilatérale et la coopération à l’échelle européenne. Tous s’accordent à dire qu’en temps de crise et de restrictions budgétaires, les coopérations et les mutualisations des moyens permettent de réduire les coûts, d’assurer une permanence opérationnelle et de développer l’interopérabilité des armées.
Dans l’armée de l’air, l’accent est mis sur la coopération européenne. L’EATC, le commandement du transport aérien européen est « une bourse d’échanges qui fonctionne très bien ». C’est pour le CEMAA une « réelle avancée », qui sera renforcée avec l’arrivée des A400M. Cependant, pour mener à bien ce projet de manière efficace, il faudrait une mise en commun des normes de navigabilité, qui, à leur tour, permettront d’organiser un soutien commun. A ce titre, la France coopère avec la Grande-Bretagne pour la mise en place d’un service d’échange de pièces de rechanges pour les missions logistiques. Il est également prévu d’associer l’Allemagne à ce projet. Pour le ravitaillement en vol, le général Mercier avoue souhaiter un modèle semblable à l’EATC, à construire en partenariat étroit avec l’Agence européenne de Défense.
Répondant à une question sur une « escadre européenne », le général Mercier répond que tout n’est pas une question de mutualisation, notamment dans le cadre de la dissuasion, qui doit rester une compétence nationale. Cependant, il est tout à fait possible et souhaitable, pour lui, de mutualiser les capacités de formation des pilotes, à l’égard de ce qui existe déjà, la formation franco-belge des pilotes de chasse.
Dans l’armée de Terre, la question a déjà été abordée avec la coopération franco-britannique dans le domaine du drone tactique Watchkeeper.
Pour la Marine, la coopération reste également fortement franco-britannique, même si l’Italie est évoquée par l’amiral Rogel. Il met en avant la possibilité d’avoir, avec la Grande-Bretagne et éventuellement l’Italie, un groupe aéronaval commun permanent. S’agissant des disparités au niveau des avions, le CEMM propose la constitution d’un état-major mixte sur le porte-aéronef d’un des trois pays, et d’une escorte mixte. C’est, pour lui, une « version minimale » en Europe.








