Le Comité de Défense de la Chambre des Communes a publié un rapport le 19 septembre sur l’avenir de la surveillance maritime britannique. Et les parlementaires s’inquiètent du déficit capacitaire qui affecte actuellement la Royal Navy dans le domaine de la patrouille et la surveillance maritime.
En effet, l’annulation du programme Nimrod MRA4 en octobre 2010 suite à la rédaction de la Strategic Defense and Security Review (SDSR, le Livre blanc britannique) est une grave erreur, selon les parlementaires. Ces avions de patrouille maritime (PATMAR), qui auraient dû prendre le relai des MR2 retirés du service actif en mars 2010, ont été détruits pour raisons budgétaires.
S’en est donc suivi un déficit capacitaire, qui ne peut être remplacé par les équipements existants, et la Royal Navy se retrouve à ne plus pouvoir assurer l’ensemble de ses missions opérationnelles. Le gouvernement a toutefois reconnu son erreur d’annuler le programme, sans pour autant proposer de nouvelle solution, si ce n’est de déployer des C-130, des hélicoptères Merlin et Sea King et des destroyers Type 45 pour reprendre les missions de lutte anti-sous-marine, de SAR, de contre-terrorisme. Ce qui n’est toutefois pas suffisant.
Le paradoxe du MoD réside principalement dans le fait qu’il reconnaît qu’il existe un déficit capacitaire dans le domaine de PATMAR et de la surveillance maritime (SURMAR), que ce risque représente un risque certain pour la Grande-Bretagne, mais que rien n’est actuellement fait pour le combler. En effet, des études sont menées, mais aucun nouveau programme de grande envergure ne devrait être présenté avant la prochaine mouture du SDSR, en 2015… Pour le MoD, il n’y a donc pas d’urgence, uniquement un risque latent.
Le rapport parlementaire présente également une analyse d’une ancienne consultante du MoD, Sue Robertson. Cette analyse présente des options pour que la Grande-Bretagne ne perde pas totalement ses capacités de SURMAR et de PATMAR : Utilisation des hélicoptères Merlin, relayés par des frégates Type 23 ; l’acquisition d’une nouvelle flotte de P-8 ou de CN235 ; l’achat de P3 d’occasion ; la commande de Dash 8 ou de Gulfstream ; l’utilisation de drones Heron ou Global Hawk ; l’installation de capteurs sur les futurs A400M et A330 pour des missions secondaires ; l’utilisation de ballons ou de dirigeables ; ou encore la surveillance par satellites.
Cependant, seuls de nouveaux avions de PATMAR de longue portée et des P3 modernisés pourraient remplir l’ensemble des missions de SURMAR, à savoir la détection sous-marine, la surveillance des bâtiments de surface et des frontières, la protection de la flotte, les missions de renseignement, de surveillance, de ciblage et de reconnaissance (ISTAR), de renseignement électronique, de contre-terrorisme, de contre-piraterie, de SAR. Les autres moyens évoqués ne permettent d’en remplir qu’une partie.
Enfin, le rapport parlementaire pointe du doigt une incongruité qui pourrait passer pour comique si elle n’était pas représentative du déficit capacitaire : Il n’existe pas de personne « physique » chargée de la SURMAR au MoD. De quoi faire réfléchir sur l’importance accordée par le ministère aux questions surveillance des côtes britanniques.








