Au cœur du problème actuel que rencontrent les trois armées : la crise économique, les restrictions budgétaires et le manque capacitaire.
En premier lieu, le chef d’état-major des armées fait le constat suivant : la cohérence des armées est mise à mal. Il cite les exemples suivants : le manque de capacité de suppression des défenses antiaériennes ennemies, l’insuffisance criante de moyens de ravitaillement en vol et de drones MALE et enfin un vieillissement indéniable de certains équipements, les missiles Milan, les avions de patrouille maritime Atlantique 2 ou encore les hélicoptères Cougar et les tankers C-135 FR (photo).
La capacité de ravitaillement en vol est en effet regardée avec inquiétude par le général Paloméros, chef d’état-major de l’armée de l’air, qui parle « d’incontestable faiblesse » en ce qui concerne les Boeing C-135FR, qui approchent les 50 ans de service. Il ajoute qu’il est « grand temps d’enclencher une véritable dynamique » au projet des ravitailleurs. Le CEMAA a abordé la question de l’A330 MRTT d’Airbus Military, disant qu’il ne lui appartenait pas de prendre parti, mais que les avions choisis par le Royaume-Uni, les Émirats Arabes Unis et l’Arabie Saoudite correspondaient aux besoins français. La probabilité d’un contrat se rapproche, notamment depuis que l’ancien ministre de la Défense Gérard Longuet a déclaré en janvier 2012 que la France comptait bien acquérir des A330 MRTT, mais que le contrat ne serait pas signé avant 2013, pour une livraison à partir de 2017.
La question de l’A400M a également été abordée. Il existe un « besoin urgent » de recevoir ces avions de transport, et le général Paloméros se dit optimiste, malgré les retards du programme.
Pour l’armée de l’air, la disponibilité du matériel n’est pas suffisante, et atteint un taux de 40 à 60%, selon l’âge des flottes, ce qui contraste avec les 90-95% de disponibilité du matériel lors de l’opération Harmattan au large de la Libye.
Dans la marine, le constat est le même, et le CEMM, l’amiral Rogel, emploie le terme de « juste suffisance », ce qui signifie qu’il n’est pas possible de réaliser toutes les missions du contrat opérationnel en même temps. A titre d’exemple, alors que l’opération Harmattan a mobilisé au total 27 bâtiments de combat pendant six mois, cela a été fait au détriment de la lutte contre le narcotrafic ou l’immigration illégale, qui nécessitent des frégates, des avions de patrouille maritime et des hélicoptères. Le taux de disponibilité du matériel de 55% n’est clairement pas suffisant. De plus, les hélicoptères Alouette III atteignant aux aussi les 50 ans, la situation devient « préoccupante ».








