Le projet de regroupement des compagnies régionales françaises liées au groupe Air France se dessine en ce moment. Les détails du rapprochement entre Britair, Régional et Airlinair devraient être présentés le 28 juin prochain à la Direction d’Air France ainsi qu’aux comités d’entreprises des compagnies régionales concernées.
Selon les informations publiées le 6 juin dans les colonnes du quotidien économique Les Échos, c’est bien Lionel Guérin (photo), actuel PDG des compagnies Transavia France et Airlinair qui est en charge de mener ce projet de rapprochement.
Marc Lamidey, le Président de Britair a déjà démissionné de ses fonctions il y a quelques jours, souhaitant se consacrer exclusivement à la constitution du pôle régional. Lionel Guérin est également toujours pressenti pour diriger la nouvelle compagnie régionale d’Air France, conformément aux informations dévoilées le 23 mai par La Tribune.
Une structure juridique entièrement nouvelle
Selon le premier point d’étape du plan « Transform 2015 », qui dévoilait les grandes lignes du projet industriel et stratégique lié à la restructuration d’Air France, le nouveau pôle régional français devait être constitué sous une structure juridique unique et entièrement nouvelle.
Selon Les Echos, le capital de cette entité sera toujours majoritairement détenu par Air France, mais Lionel Guérin devrait y apporter ses parts détenues dans Airlinair. Il détient en effet 60% du capital de la compagnie régionale basée à Orly, un apport qui serait compensé par une participation minoritaire dans la nouvelle compagnie.
Par ailleurs, « D’autres investisseurs privés pourraient éventuellement l’y rejoindre, mais plus tard pour financer les développements […] », selon une source proche du dossier non dévoilée par le quotidien économique.
Avec plus de 3 500 salariés, le nouveau pôle régional français d’Air France pèserait plus d’un milliard d’euros de chiffre d’affaires pour une flotte de plus d’une centaine d’appareils.
Une flotte disparate et un modèle économique complexe
La flotte de la nouvelle compagnie régionale française du groupe Air France-KLM serait entièrement constituée des appareils de Brit Air, de Régional et d’Airlinair. La flotte combinée des trois compagnies est constituée, à ce jour, de 22 avions turbopropulsés ATR (42 et 72), de 41 jets régionaux CRJ de Bombardier (du CRJ100 au CRJ1000) et de 53 jets d’Embraer (28 ERJ 135 et 145 et 25 E-Jets).
Cette flotte de 116 appareils, regroupant des modules de 37 à 104 places, est particulièrement disparate. Ce sera l’un des éléments complexes du cahier des charges du futur pôle régional d’Air France, les différents avions régionaux pouvant difficilement se substituer les uns les autres sauf au départ des aéroports de Paris.
Autre difficulté liée à l’actuelle réalité opérationnelle de ces compagnies liées à Air France, les différentes tâches aujourd’hui attribuées à leurs appareils qui ne desservent plus nécessairement des lignes dites « régionales ».
Par exemple, la ligne reliant Paris CDG à Oslo, jadis desservie par les appareils moyen-courriers d’Air France, est aujourd’hui exclusivement opérée par des Embraer 190 de Régional.
Un modèle économique complexe qu’entend bien conserver Air France qui précisait le 24 mai dernier que les compagnies du pôle régional « exploiteront des vols vers le hub de Paris-Charles de Gaulle pour le compte d’Air France, ainsi que des vols point-à-point au départ de Paris-Orly et du réseau domestique, hors bases ».

