Tout le monde se souvient de cet automne qui a coûté si cher au pavillon français. Après Aigle Azur, XL Airways a été placée en liquidation judiciaire au début du mois d’octobre, mise au pied du mur par l’exacerbation de la concurrence sur ses lignes. Mais l’histoire n’est pas encore finie. Les actifs restants de la compagnie vont être vendus au début de l’année 2020 dans le cadre d’une vente aux enchères. Maître François Wedrychowski nous expose les grands principes de cette vente.
Quand a lieu cette vente aux enchères et comment les personnes intéressées peuvent-elles y participer ?
Les ventes ont lieu entre le 21 et le 28 janvier, avec une exposition prévue le 20 janvier. Elles se déroulent à Roissy-en-France, au siège de la production. Les 21, 22 et 23 (au matin), nous vendons les pièces aéronautiques et l’outillage aéronautique. Le 24, nous vendons le siège, c’est-à-dire tout ce qui est mobilier de bureau, ordinateurs, baies informatiques… Le 27 janvier dans l’après-midi, nous vendons la marque et le nom de domaine. Cette fois, ce ne sera pas à Roissy mais à l’Union des fabricants, dans le 16e arrondissement de Paris. Et le 28 janvier, nous retournons à Roissy, à côté du centre de production, pour vendre la partie catering.
Les personnes intéressées peuvent assister à la vente en direct en venant à Roissy (10 rue de la pomme bleue), ou en la suivant en direct sur le « Live » du site Interenchères où elle sera retransmise, ou bien, dernière possibilité, par téléphone. Toutes les conditions peuvent être consultées sur le site.
Combien y a-t-il de lots mis en vente ?
Nous devrions avoir autour de 1 100 – 1 200 lots. Tout n’est pas encore mis en ligne car nous n’avons que quelques semaines pour tout organiser. Les pièces aéronautiques et l’outillage sont déjà présentés sur le site Interenchères, ainsi que le siège. Je dois mettre le catalogue de la vente des marques et des noms de domaine puis le catering – qui est un petit peu particulier et sera vendu par lots et non par pièces -, ce qui sera fait cette semaine et en tout cas d’ici Noël.
Quel sera le coeur de la vente ?
Le coeur de la vente, ce sont les pièces et l’outillage aéronautique particulier. Nous attendons principalement des professionnels comme clients, brokers et compagnies aériennes, parce qu’il y a des composants d’Airbus A330 mais aussi d’A320 et de Boeing 737. Il y a par exemple un escalier de 737 qui peut intéresser Ryanair. Il y a surtout un bon nombre de pièces moteurs de Rolls-Royce, qui sont très intéressantes pour les professionnels, ou encore des roues. Ce sont des équipements qui ont beaucoup de valeur.

L’escalier de Boeing 737 de XL Airways parmi l’inventaire © Selarl François Wedrychowski et Florent Magnin
C’est ce type de lots qui est le plus demandé. Le catering n’intéresse pas les mêmes personnes et dans cette catégorie, il devrait y avoir des souvenirs pour les passionnés. Nous n’avons pas encore tout vu mais il y a beaucoup de costumes et d’écharpes qui ne sont pas forcément logotées.
Et que va devenir la marque ?
Je ne vous cache pas que la marque est très recherchée. Le fait que ce soit XL, avec deux lettres seulement, notamment xl.com, est très demandé. Par ailleurs, il y a beaucoup de noms, beaucoup de marques, qui concernent l’aérien, les agences de voyage et tout ce qui est formation, avec beaucoup de catégories. Donc l’éventail des possibilités est très large et surtout international : elles ont été déposées partout. Et elles sont en vigueur jusqu’en 2023 et 2025 pour la plupart. Ce qui est intéressant, c’est que dans ce genre de cas, l’acheteur ne pense pas forcément aux mauvaises choses associées à la marque, mais plutôt à tout le travail qui a déjà été fait pour la faire connaître et lui bâtir une réputation. Cela balaie un peu tout le mauvais côté de la liquidation judiciaire : les gens reprennent des choses qui ont déjà un certain passé et une construction.
La valeur de la marque a été évaluée entre 600 000 et 1,1 million d’euros. Nous allons commencer raisonnablement avec une mise à prix autour des 400 000 ou 500 000 euros. Ce sont des entités aux Etats-Unis et en Asie qui peuvent être les plus intéressées.
A qui appartiennent les biens et à qui va revenir l’argent des ventes ?
Les biens appartiennent à XL Airways. Dreamjet n’a plus rien à voir avec les ventes, ils ont récupéré ce qu’ils avaient. Ce sont bien les actifs de XL Airways France. Les lots ont été estimés à 9 millions d’euros et nous espérons vendre pour environ 1,5 million d’euros.
Cet argent reviendra au mandataire judiciaire, le liquidateur, et servira à payer les créanciers. Les premiers d’entre eux sont les AGS donc le personnel. Notre travail est de faire en sorte que cela rapporte le plus possible. Mais la dette est importante, de 60 millions d’euros.
XL Airways avait vingt ans d’existence et était un fleuron du transport aérien français. Nous essayons de faire en sorte que l’histoire finisse en beauté : nous organisons la vente le mieux possible, tout est photographié, vendu avec les papiers EASA, afin que tout le processus soit fluide, que les acheteurs aient tous les renseignements et que cela serve à tout le monde. C’est triste mais c’est la vie d’une société et il faut qu’on l’amène jusqu’au bout.

Lot de roues d’Airbus A330 © Selarl François Wedrychowski et Florent Magnin










