Le Procureur de la République de Marseille a confirmé le 26 mars que l’A320 de Germanwings s’est écrasé après une action délibérée du copilote. « L’interprétation à ce jour la plus plausible est que le copilote, par une abstention volontaire, a refusé d’ouvrir la porte de la cabine de pilotage au commandant de bord et a actionné le bouton commandant la perte d’altitude pour une raison que nous ignorons totalement mais qui peut s’analyser comme la volonté de détruire totalement l’avion. »
Brice Robin a retracé les trente dernières minutes de l’enregistrement du CVR, correspondant au vol U49525 de Germanwings. Durant les vingt premières minutes, les échanges entre le commandant de bord et le copilote sont « enjoués » et « courtois ». Puis, le commandant de bord prépare le briefing pour l’atterrissage à Düsseldorf. A ce moment, le comportement du copilote semble se modifier : « ses réponses sont laconiques », alors qu’on « peut espérer qu’un dialogue s’instaure », indique le Procureur. Puis le commandant de bord confie les commandes à son copilote. On entend le bruit d’un siège qui recule puis celui d’une porte qui se ferme.
Alors qu’il se retrouve seul aux commandes, le copilote manipule les boutons du pilote automatique pour actionner la descente de l’appareil. On entend plusieurs appels du commandant de bord qui demande à entrer mais qui restent sans réponse, tout comme les nombreux appels en provenance de la tour de contrôle de Marseille. Le commandant « a également essayé de défoncer la porte », notamment lorsque les alarmes « pull-up » du GPWS se sont déclenchées. Juste avant l’impact final, un autre bruit d’impact a été enregistré, indiquant que l’appareil a percuté un talus. Pas un mot n’aura été prononcé durant ces dix minutes. En revanche, le bruit d’une respiration classique, « pas haletante », est audible jusqu’au moment de l’impact, qui laisse penser que le copilote était conscient.
Le procureur a également dévoilé l’identité du copilote. Andreas Lubitz, 28 ans, est de nationalité allemande. Recruté en 2013 par Lufthansa, il avait 630 heures de vol à son actif. La gendarmerie française est en charge de l’enquête sur son environnement, assisté de la justice allemande et espagnole. Mais pour le moment, « aucun élément ne milite en faveur d’un attentat terroriste. »







