Air France-KLM l’avait anticipé, la volatilité des prix du carburant a fortement pesé sur ses comptes du deuxième trimestre. Mais son directeur général Benjamin Smith loue également la résilience du modèle du groupe, qui a su compenser en partie ces coûts grâce à une politique tarifaire agile et une maîtrise des autres coûts. Malgré tout, l’environnement dans lequel le groupe évolue reste difficile et l’incite à ralentir encore la croissance de ses capacités.
Le chiffre d’affaires du trimestre a augmenté de 9,9% par rapport au deuxième trimestre 2025, atteignant 9,3 milliards d’euros. Le groupe a vu une augmentation de sa recette unitaire de 8,7 %, portée par la poursuite de la premiumisation, une réduction de l’offre et de la concurrence en raison du conflit au Moyen-Orient, une hausse du prix des billets et le beau dynamisme de l’activité cargo (particulièrement entre l’Europe et l’Asie).
La hausse de la recette unitaire a à elle seule réussi à compenser 85 % de la hausse de la facture carburant. Celle-ci a augmenté de 900 millions de dollars au deuxième trimestre (au lieu du 1,1 milliard de dollars prévu). Air France-KLM estime que la facture carburant annuelle devrait atteindre 8,9 milliards de dollars, soit 2 milliards de plus qu’en 2025 mais 400 millions de moins que ce que le groupe avait anticipé au printemps. La politique de couverture reste un casse-tête quotidien, comme l’a mentionné Steven Zaat, le directeur financier du groupe, lors de la présentation des résultats, évoluant au gré des déclarations du président des Etats-Unis. A ce jour, Air France-KLM a couvert 67 % de sa consommation de l’année et n’augmentera plus ce taux. La politique de hedging, suspendue en avril et partiellement reprise en mai, se concentre sur 2027 (couverte à 40 %) et les années suivantes.
La facture carburant a en grande partie été la cause de la chute d’un tiers du résultat opérationnel, à 484 millions d’euros. La marge opérationnelle accuse donc le coup et perd 3,5 points à 5,2 %. Le résultat net s’effondre également mais reste largement positif, de 190 millions d’euros (- 456 millions d’euros par rapport au deuxième trimestre de 2025).
Steven Zaat a également tenu à souligner que les performances de KLM progressaient et que sa marge opérationnelle avait tenu (-0,5 point), même si elle reste loin de l’objectif du groupe, fixé à 8 %. Autre point souligné, la hausse des coûts au niveau du groupe a été contenue à 1,1 %, toujours sous l’effet de la montée en gamme mais aussi de la baisse des capacités qui a affecté la productivité. Pour la contenir, les dépenses discrétionnaires ont été réduites au minimum et le recrutement de personnels non opérationnel a été suspendu.
Dans cet environnement, Air France-KLM a légèrement ajusté ses prévisions de hausse des capacités pour l’année. Ainsi, elles devraient augmenter de 2 % à 3 %, au lieu des 2 % à 4 % initialement prévus. Tous les segments seront affectés par cette prudence : elles augmenteront de 2 % sur le long-courrier (au lieu de 2 % à 4 %), diminueront de 1 % sur le court et moyen-courrier au lieu de rester stables et augmenteront de 8 % chez Transavia (au lieu de 8 % à 10 %).










