Deux semaines après la fin de la grève de ses pilotes, Air France n’arrive toujours pas à avancer sur le projet Transavia. Dans une interview accordée au Journal du Dimanche, Alexandre de Juniac, le président du groupe Air France-KLM, confirme qu’aucun accord n’a encore été conclu avec les pilotes et que si les syndicats ne signent pas les propositions de la direction, celle-ci « créer[a] une compagnie sœur de Transavia, Transavia Développement, en France, pour [se] développer dans l’activité à petits prix, avec les nouveaux avions qui arrivent dans les mois qui viennent. »
Air France souhaite en effet développer le plus rapidement possible Transavia France, pour se positionner sur l’un des rares marchés en croissance et éviter de perdre des créneaux à Orly avec la suspension de liaisons moyen-courrier Air France. Pour cela, elle doit renégocier les accords de création de sa filiale, qui limitent à quatorze le nombre d’appareils dans sa flotte.
Or les syndicats de PNT n’acceptent le développement de Transavia France qu’à la condition qu’un contrat unique soit créé pour tous les pilotes d’appareils de plus de 100 places, ce qui selon eux améliorerait la flexibilité du groupe. Condition absolument refusée par la direction, qui envisage de dénoncer l’accord de création de Transavia. L’établissement d’une compagnie sœur permettrait d’intégrer les sept Boeing 737-800 en commande en attendant la fin d’un éventuel processus de dénonciation, estimé à quinze mois.
Au sujet de la grève des pilotes, Air France a estimé son coût à 500 millions d’euros. Toujours dans le Journal du Dimanche, Alexandre de Juniac a déclaré : « cette grève nous a fait perdre un an. Air France aurait dû être dans le vert cette année et ne le sera pas. »





