Le couperet est tombé sur les bases province. Air France a décidé de leur fermeture à la fin du mois d’octobre « au plus tard », indique la compagnie dans un document interne que s’est procuré l’AFP. Selon elle, cette décision n’aura pas de conséquence sur l’emploi et provoquera la réaffectation de 200 pilotes sur Paris (Orly et CDG).
Air France et les syndicats du personnel navigant étaient en négociations en vue de la signature d’un avenant à l’accord initial de création des bases province. Mais ces négociations ont échoué. La compagnie blâme pour cela les syndicats de PNT (SNPL et SPAF), qui demandaient un droit de regard sur la répartition des vols entre HOP! et Air France – les opérations des bases province étant désormais dans le giron de HOP! Air France.
Les bases province avaient été ouvertes en octobre 2011 pour Marseille et en avril 2012 pour Nice et Toulouse. L’objectif était de baser des avions et des équipages dans ces villes pour desservir le réseau domestique et lancer des lignes internationales proches, offrant de nouvelles opportunités de développement du réseau moyen-courrier d’Air France face aux low-cost et évitant le réacheminement du personnel navigant sur Paris avant un vol. La productivité devait augmenter de 25% pour une hausse de salaire promise de 12,5% et les coûts opérationnels devaient ainsi diminuer de 15%.
Cependant, elles ont été lancées trop lentement, laissant le temps à ces low-cost qu’elles devaient combattre, easyJet en tête, de s’installer dans les aéroports visés et de lancer leurs propres services vers les destinations les plus attractives et avec une structure de coûts plus efficace. Les bases province se sont rapidement révélées être une « déconvenue », pour reprendre l’expression utilisée par Jean-Cyril Spinetta en février 2013. Elles, qui devaient être l’un des axes de redressement de l’activité moyen-courrier, n’ont jamais réussi à dégager de bénéfice. Alors que leur fermeture menaçait moins d’un an après leur mise en place, leur activité a été progressivement réduite – d’abord par une adaptation à la saisonnalité puis par le retrait d’appareils. Elles auront survécu quatre ans.






