La montée en cadence du Rafale a une nouvelle fois fortement contribué aux excellents résultats financiers de Dassault Aviation pour l’année 2025. L’avionneur de Saint-Cloud avait en effet livré 26 avions de combat l’année dernière, 15 à l’export et 11 pour l’armée de l’Air et de l’Espace (AAE), cinq de plus que l’année précédente. L’aviation d’affaires n’a pas été en reste avec 37 Falcon livrés en 2025, six de plus qu’en 2024.
Le chiffre d’affaires de Dassault Aviation s’en récent et atteint les 7,4 milliards d’euros (dont 4,6 milliards pour ses activités de Défense), en progression de 19% en un an.
Au niveau des commandes, les 26 Rafale destinés à l’Indian Navy et les 31 nouveaux avions d’affaires Falcon contractualisés ont fortement contribués à la croissance du backlog de Dassault Aviation qui atteint une nouvelle fois un nouveau record absolu, avec une valorisation à 46,6 milliards d’euros (avec 220 Rafale restant à livrer, dont 45 à la France, et 73 Falcon). Le book-to-bill est de 1,5x en 2025.
Le résultat opérationnel ajusté s’élève à 635 millions d’euros, en progression de 22% par rapport à 2024.
Mais la tendance va se poursuivre, l’avionneur français tablant déjà sur les livraisons de 28 Rafale et 40 Falcon pour cette année, ce qui devrait se traduire par une nouvelle augmentation de chiffre d’affaires de 15%, de l’ordre de 8,5 milliards d’euros. Mieux, Dassault Aviation est maintenant en négociation finale avec le gouvernement indien pour les 114 nouveaux Rafale destinés à l’Indian Air Force dans cadre du programme Multi-Role Fighter Aircraft (MRFA), des appareils qui seront très majoritairement produits localement avec des partenaires du secteur privé au début de la prochaine décennie.
Dassault Aviation et Tata Advanced Systems avaient déjà signé plusieurs accords de transfert de production l’année dernière qui vont permettre de produire des fuselages de Rafale en Inde, pour les besoins de l’armée indienne, mais aussi d’autres pays. Tata Advanced Systems doit ainsi établir un site de production à Hyderabad, avec des premiers fuselages qui devraient sortir d’assemblage au cours de l’exercice 2028.
Éric Trappier, le PDG de Dassault Aviation, a confirmé que les objectifs de cadences pour le Rafale étaient de 4 exemplaires par mois en assemblage final (à Mérignac) dans 3 ans (2028-2029). Il confirme aussi qu’une cadence 5 est toujours envisagée, mais qu’une décision n’a pas encore été prise, avec un délai de 3 années à prévoir entre le moment de la décision et ses effets en assemblage final.
Du côté des avions d’affaires Falcon, Éric Trappier a indiqué que le marché était « actif » et qu’il n’était pas « très inquiet sur le marché », même si c’était « un peu plus dur » en Europe. Il a d’ailleurs rappelé que cette activité avait subi l’incertitude des droits de douane au premier semestre 2025, mais que l’exemption de l’aéronautique avait finalement permis de reprendre des commandes aux États-Unis et surtout de livrer des appareils sans être pénalisé. Les Falcon sont logiquement plus impactés par la supply-chain internationale, ce qui a empêché l’avionneur de manquer son objectif de 40 livraisons l’année dernière.
Par contre, l’augmentation de la fiscalité en France a dégradé sa compétitivité (surtaxe d’IS de 96 millions d’euros pour l’avionneur, plus celle de Thales), alors qu’il doit concurrencer des gros acteurs nord-américains comme Gulfstream et Bombardier.








