Les industriels aéronautiques développent, avec l’appui d’organismes de formation et de recrutement comme Pôle emploi, des écoles de formation interne. Ils répondent ainsi à leurs propres besoins en recrutement sur les métiers dits « pénuriques ».
De plus en plus d’entreprises aéronautiques forment elles-mêmes leurs mains-d’œuvre grâce à des centres internes de formation professionnelle. Potez Aéronautique est l’une des premières entreprises du secteur à s’être lancée. Ainsi, depuis 10 ans, ce spécialiste en aérostructure implanté à Aire-sur-l’Adour forme chaque année, près d’une vingtaine de personnes en contrat d’apprentissage.
En 2010, l’entreprise a noué un partenariat avec pôle emploi, qui sélectionne pour elle les demandeurs d’emploi à travers la méthode de recrutement par simulation (MRS). Une fois chez Potez Aéronautique, les chômeurs, en contrat professionnel, suivent une formation qu’ils soldent par un Certificat de Qualification paritaire de la métallurgie (CQPM). Tous signent ensuite un CDI sur des postes de peintres aéronautiques, ajusteur ou encore contrôleurs.
De son côté, Mecachrome a développé en 2002 sa propre école de formation, MK Formation, où sont accueillis les futurs ajusteurs, tourneurs ou encore soudeurs de l’entreprise. Toutefois, le spécialiste de la mécanique de précision peine toujours à combler ses besoins de personnels qualifiés. En effet, la société nécessite de 70 techniciens supplémentaires pour 2012, sur son site de production situé à Amboise. Or, MK Formation n’accueille que 40 personnes par an pour tout le groupe. Conséquence directe de cette carence, Mecachrome va recruter en Roumanie.
Chez l’ariégeois Recaero, la situation est différente. Ce spécialiste des pièces métalliques et composites de rechange d’avions a développé son centre de formation en 2007, grâce à un partenariat avec pôle emploi et l’IUMM. La société forme ses propres tourneurs, fraiseurs, chaudronniers aéronautiques, ajusteurs-monteurs et opérateurs machine à commande numérique qu’il intègre ensuite dans ses effectifs. Par ailleurs, les personnes qui n’ont pas été embauchées par Recaero sont recrutées par les entreprises aéronautiques implantées dans le bassin. Actuellement, Recaero Formation accueille 25 personnes. Une dizaine devrait les rejoindre d’ici à la fin de l’année. Pour 2012, la société ambitionne de recruter 30 personnes en Ariège, sur son site de Verniolle où travaillent près de 330 personnes.
D’autres entreprises, implantées dans un même bassin d’emploi, unissent leurs moyens pour développer des formations professionnelles communes. C’est notamment le cas dans le Gers, où les entreprises aéronautiques (Latécoère, Equip’Aéro…), qui emploient près de 1 600 personnes et qui ont besoin de 5 % de salariés en plus d’ici à 2 ans, vont ouvrir un « bac pro Turbo » technicien d’usinage en 1 an à Gimont. Ce cursus est ouvert depuis la rentrée dans un lycée professionnel situé à proximité de l’usine Latécoère, qui emploie plus de 160 personnes. Ce projet, développé par Latécoère, est soutenu par l’IUMM et la municipalité de Gimont.
Les initiatives ne manquent donc pas, mais les résultats obtenus sont encore insuffisants pour résorber la pénurie de candidatures qualifiées. C’est pourquoi les PME font appel à d’autres moyens pour optimiser leurs recrutements comme la cooptation, les stages, les actions de sensibilisation (notamment auprès des jeunes filles), les forums emploi et les partenariats.
| Aérocampus Aquitaine, numéro un de la formation à la maintenance en Europe
Aérocampus Aquitaine est une belle preuve de l’investissement des collectivités et des entreprises pour développer la formation aéronautique en France sur des métiers en tension. Ce centre a été développé par l’association Aérocampus Aquitaine, composée des principaux intervenants dans le domaine aéronautique, des organismes de formation (APAVE, AFPI, AFPA…), des industriels (BAAS), des écoles et des universités de la Région Aquitaine. La Région Aquitaine a soutenu le projet en investissant 25 millions d’euros. Spécialisé dans la formation initiale et continue aux métiers de la maintenance aéronautique (du bac pro aux diplômes d’ingénieurs), ce centre forme des techniciens en aérostructure, des chaudronniers aéronautiques, des câbleurs, sur les matériaux composites… Également « campus-entreprises », l’école accueille des salariés de Safran, Astrium et de l’Enac. De nouvelles formations en apprentissage ont vu le jour à la rentrée : un BTS techniciens aéronautiques, une formation de Technicien Aéronautique d’Exploitation (TAE), ainsi qu’une mention complémentaire soudage. Aérocampus Aquitaine forme chaque année environ 10 000 à 12 000 personnes, dont une centaine d’élèves en bac pro et près de 250 jeunes en alternance. |








