Dassault Aviation a présenté ses résultats annuels le 13 mars à Saint-Cloud. Si les nombres de commandes et de livraisons sont en nette hausse, le bénéfice opérationnel consolidé de l’avionneur français affiche une baisse de 9% à 498 millions d’euros, impacté par une augmentation de ses dépenses en R&D autofinancées (482 millions d’euros, contre 387 millions en 2012) et par un taux de couverture face aux dollars défavorable (1,26$/€ contre 1,24 l’année précédente). La marge opérationnelle perd ainsi 3 points, représentant désormais 10,9% du chiffre d’affaires qui s’établit à 4,59 milliards d’euros (+17%).
Pour les commandes nettes civiles, Dassault a enregistré des contrats pour 64 appareils de sa gamme d’avions d’affaires Falcon (58 en 2012), et notamment pour son Falcon 5X dévoilé à Las Vegas en octobre, même si son PDG, Éric Trappier, s’est refusé à en détailler la répartition. Ces commandes sont valorisées à 2,91 milliards d’euros (2,53 en 2012) et représentent 70% des contrats de l’avionneur en 2013.
Les livraisons de Falcon sont aussi en hausse avec 77 appareils (66 en 2012) mais le « book to bill » reste une nouvelle fois inférieur à 1. « Le marché de l’aviation d’affaires s’oriente bien vers une sortie de crise mais la reprise n’est pas aussi franche que souhaitée » a annoncé Éric Trappier. Le chiffre d’affaires Falcon a atteint les 3,19 milliards d’euros l’année dernière, soit 69% du CA de l’avionneur. Dassault Aviation prévoit de livrer environ 70 Falcon en 2014, ce qui devrait impacter son chiffre d’affaires.
Le carnet de commandes total consolidé était valorisé à 7,38 milliards d’euros au 31 décembre (-8%), reparti entre les activités Falcon (45%) et Défense France (43%).
Pour les activités Défense, Dassault a livré 11 Rafale l’année dernière (comme en 2012) et reste assuré que les cadences de production du chasseur multirôle ne descendront pas en dessous d’un appareil par mois, notamment avec la confirmation de la future tranche 5 qui portera la flotte française à 225 avions.

Éric Trappier, PDG de Dassault Aviation, lors de la présentation des résultats annuels de l’avionneur le 13 mars. Photo © Le Journal de l’Aviation
Éric Trappier est également revenu sur les perspectives de contrat à l’export de Rafale, et notamment en Inde ou l’organisation du partage des tâches industrielles avec HAL a été pleinement définie il y a quelques jours (lire l’article). « Une belle étape a été franchie ! » s’est réjoui Éric Trappier qui rappelle que d’autres pays comme le Qatar ou la Malaisie, figurent également en tête de liste des clients potentiels. Quant au Canada, qui pourrait remettre en cause sa commande de F-35 pour cause d’augmentation des coûts, « le Rafale a toutes ses chances dans l’hypothèse d’une nouvelle compétition ».
Le PDG de Dassault Aviation a également indiqué que le démonstrateur nEUROn avait repris ses essais à Istres dans le cadre de la validation de son domaine de vol. La campagne d’essais devrait comprendre une vingtaine de vols cette année, comme en 2013. Notre journaliste Défense, Helen Chachaty, a d’ailleurs pu constater que le démonstrateur de drone furtif avait effectué un vol pas plus tard que mardi dernier. Pour Éric Trappier, la campagne de mesure de la signature radar du nEUROn est un succès. « Nous maîtrisons les technologies de furtivité ; c’est une grande satisfaction » a-t-il ajouté.








