La Direction générale de l’armement présentait ce 26 novembre à l’École Polytechnique l’édition 2015 de son forum consacré aux innovations dans le domaine de la Défense. L’occasion de présenter une centaine de nouveaux projets, issus de PME, de laboratoires, d’études universitaires, soutenus par des financements de la DGA. Focus sur deux d’entre eux.
Parmi les innovations, une thèse consacrée à l’amélioration de la vision nocturne pour les pilotes d’hélicoptères. Ce travail universitaire, mené « par intérêt pour l’aéronautique et les mathématiques » par la chercheuse Camille Sutour à l’université de Bordeaux, expose les algorithmes nécessaires afin de permettre aux pilotes d’hélicoptères de bénéficier d’une vision accrue lors des missions effectuées de nuit. Concrètement, une caméra intégrée au casque du pilote projetterait une vision fusionnant les images recueillies par le biais d’un capteur numérique et d’un capteur infrarouge.
Le procédé mis en place consiste à coupler un intensificateur de lumière à la caméra numérique, puis de « ré-hausser l’image », ainsi que de supprimer le grain et le bruit, induits par la mauvaise qualité de l’image du fait des conditions nocturnes. « Ce système a l’avantage d’être lié au mouvement de la tête du pilote, il traduit ce que devrait voir le pilote s’il y avait de la lumière », explique Camille Sutour.
Ensuite, il va falloir traiter l’image et surtout « incorporer les images infrarouges », afin de les fusionner avec les images numériques recueillies précédemment. « Le but est de les aligner l’une sur l’autre, de les superposer, de les fusionner », précise la chercheuse, pour ensuite projeter l’image sur le HUD du pilote.
Mené en partenariat avec Thales Avionics et soutenu financièrement par la DGA, le travail de recherche s’est concentré sur les algorithmes nécessaires pour mettre en œuvre une telle technologie. La thèse ayant été soutenue en juillet dernier et aucun brevet n’ayant été déposé, il appartient à présent à l’équipementier d’exploiter ou non les bénéfices de cette thèse.
Le programme d’études amont REMORA (REparation MOteur RAfale) est quant à lui tourné vers les M88. Il s’agit ainsi de « créer de nouveaux moyens de réparation pour des pièces de forte valeur », détaille l’un des ingénieurs du SIAé (Service industriel de l’aéronautique).
Plusieurs projets ont été présentés, dont un démonstrateur de contrôle de crique ou encore la réparation au laser. Si le premier reste actuellement au stade de démonstration, la réparation d’un impact d’aube au laser a en revanche déjà fait l’objet d’un dépôt de brevet. « La technologie fonctionne, elle a été vérifiée et on a eu de très bons résultats », expose l’ingénieur du SIAé.
Le brevet ayant été déposé, Snecma va « entrer dans la boucle », afin de certifier la réparation. « On a fait le plus dur, une fois que la technologie fonctionne et est reconnue et qu’on a fait une gamme d’usinage, il ne reste quasiment que les petits détails. »
Ces innovations destinées à l’industrie de Défense et aux forces armées sont « au cœur des futurs systèmes de Défense », selon la DGA, l’enjeu clé étant bien d’anticiper au maximum le futur, afin de préparer au mieux les évolutions technologiques industrielles.








