Lors de son audition par la Commission de la Défense nationale et des forces armées de l’Assemblée nationale, le chef d’état-major de l’armée de l’air, le général Denis Mercier, a esquissé les contours de l’armée de l’air pour les années à venir, qualifiant 2015 d’année « charnière », en particulier au niveau des équipements et des matériels.
Le CEMAA a annoncé la commande d’un troisième drone Reaper pour l’année 2105, qui sera lui aussi déployé dans la bande sahélo-saharienne (BSS) comme les deux MQ-9 actuellement mis en œuvre depuis la base de Niamey au Niger. Un second système de trois Reaper pourrait également être commandé « au plus tôt », sans doute au cours de l’année 2015 selon le général Mercier. Il précise par ailleurs que ces drones sont actuellement « extrêmement utilisés » dans la BSS et qu’ils pourraient être complétés par des avions ISR légers – une commande de trois exemplaires étant prévue par la LPM 2014-2019, mais la plateforme n’a pour l’instant pas encore été choisie.
Concernant le « gros » dossier du moment, la commande des futurs ravitailleurs, le CEMAA – tout comme le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian et le chef d’état-major des armées le général Pierre de Villiers – a indiqué que la commande devrait intervenir d’ici la fin de l’année 2014. « La commande du premier appareil est attendue d’ici à la fin de l’année et celle des huit suivants pour 2015. Notre but est d’affermir la commande des trois derniers au plus tôt. » Décrite comme une « grande priorité », l’acquisition des A330 MRTT est indispensable pour renouveler le parc des C-135FR et des KC-135 qui atteignent leurs 50 ans et le général Mercier se dit « particulièrement attaché » à ce que ces commandes se fassent « le plus rapidement possible ». Le CEMAA pose d’ailleurs la question de savoir « qui aimerait voyager aujourd’hui dans un Boeing contemporain de la Caravelle », afin de mettre en exergue l’âge avancé des ravitailleurs de l’armée de l’air. Il souligne également le coût élevé de maintenance de ces avions, parlant même de « surmaintenance ».
(Voir à ce sujet les modernisations en cours sur les C-135FR et KC-135 : Les KC-135R se modernisent, Une nouvelle avionique pour les C-135FR )
L’audition du général Mercier révèle également que l’armée de l’air se séparera à moyen terme (horizon 2025) de ses deux A340 et de ses trois A310-300, mis en œuvre par l’escadron de transport 3/60 « Esterel » et que les douze A330 MRTT commandés d’ici là permettront de les remplacer dans leurs missions de transport stratégique.
Concernant le rythme de livraison des A400M, un sixième exemplaire devrait être livré d’ici la fin de l’année, « au mois de novembre » selon le CEMAA, avec quatre autres exemplaires prévus pour l’année 2015.
La modernisation de la flotte de Mirage 2000D devrait également être lancée en 2015. Une modernisation nécessaire suite à l’étalement des commandes de Rafale, qui induit donc une prolongation de l’utilisation des chasseurs : « Il s’agit d’un simple traitement d’obsolescences pour que nous puissions les utiliser jusqu’en 2025 ». Les Mirage 2000-5 seront eux aussi maintenus plus longtemps que prévu, comme le CEMAA l’avait déjà annoncé lors de son audition en juin 2013. Ils « gagneront » 2 000 heures de vol supplémentaires (9 000 au lieu de 7 000).
En ce qui concerne les nouvelles acquisitions, il précise « [qu’]il ne peut y avoir de modernisation avec un nouvel appareil sans revoir l’organisation, sans voir comment on peut élargir les compétences de nos aviateurs et à quel partenariat européen cela peut ouvrir », indiquant clairement la nécessité de développer la mutualisation des moyens à l’échelle européenne. Que ce soit pour l’A400M ou le prochain A330 MRTT, il s’agit donc de mettre en place des logiques et des systèmes qui permettront d’accroître les capacités tout en maîtrisant les coûts.
Enfin, le CEMAA a également fait un point sur le MCO des matériels aéronautiques, parlant d’une « amélioration des performances ». Le recentrage autour de « plateaux », autour de Bordeaux et des bases aériennes, permettra de mieux maîtriser et de réduire les coûts, ainsi que l’illustre le général Mercier : « Ainsi, en 2015, nous paierons les heures de vol du Rafale 14% de moins qu’auparavant ». L’année 2015 verra également se poursuivre les renégociations de contrats MCO ainsi que la « restructuration » de ces contrats « autour de l’activité en lieu et place de la notion de disponibilité », dans le but d’améliorer les performances globales du MCO aéronautique, décrit comme un « levier » pour remonter le niveau d’activité de l’armée de l’air.





