Dans sa nouvelle étude sur les arrêts de travail, IPECA constate que l’industrie aéronautique, spatiale et de défense a de nouveau été fortement concernée en 2025. L’organisme de prévoyance rapporte en effet un taux d’arrêt de 36 %, qui reste équivalent à celui publié dans la précédente étude (sur l’année 2024), et traduit surtout, selon lui, qu’il s’agit d’une hausse structurelle sur le marché du travail, et non pas d’un pic transitoire. Il est donc nécessaire de trouver des leviers d’action pour les prévenir, accompagner les salariés et favoriser leur retour à l’emploi.
IPECA souligne en effet qu’avec une durée moyenne de 7,7 jours d’absence par salarié et par an, les arrêts de travail représentent l’équivalent d’un établissement de 6 700 salariés à l’arrêt durant un an.
Les arrêts courts (moins de sept jours) restent majoritaires (71,6 %) et souvent liés aux maladies saisonnières, mais ce ne sont pas eux qui ont le plus d’impact sur la productivité. Au contraire, les arrêts longs (de plus de trente jours) sont en progression continue depuis 2019 (+4,6 points) et concentrent la majorité des jours perdus (5,3 jours par an par salarié).
Les ouvriers restent la population la plus touchée (six arrêts sur dix), notamment en raison des troubles musculosquelettiques (TMS), la première cause d’arrêt long. Ces TMS sont également en hausse chez les moins de 30 ans recrutés depuis moins d’un an. Autre élément à noter, les arrêts liés à la santé mentale sont le deuxième poste d’arrêts longs et progressent dans toutes les catégories socio-professionnelles, concernant beaucoup les cadres et enregistrant une forte augmentation chez ceux de moins de 35 ans.
IPECA remarque que le recours au temps partiel thérapeutique progresse en 2025 et s’impose comme un levier efficace de retour à l’emploi. Son utilisation est associée à une diminution de 25 jours de la durée moyenne des arrêts concernés. L’organisme continue par ailleurs de préconiser des actions de prévention ciblées. En comprenant mieux les causes et les caractéristiques des absences, des actions peuvent être mises en place en ciblant des métiers, des postes, des âges et des moments du parcours professionnel. Des campagnes pourraient par exemple cibler les TMS pour les prévenir dès les premiers signaux, ou des mesures pourraient être mises en place pour mieux accompagner l’intégration et suivre les jeunes salariés.

