[Romain Guillot à Brême, Allemagne] La ville de Brême accueille un important site Airbus qui dispose d’une spécialisation historique sur les structures d’aile et les systèmes associés, en particulier sur les volets hypersustentateurs présents sur pratiquement tous les programmes de l’avionneur européen. Mais ce site a aussi une place particulière dans l’histoire des avions cargo d’Airbus. C’est notamment ici qu’ont été menées de nombreuses activités de conception liées aux soutes des A300, A320, A330, à la cabine de l’A330F, mais aussi des Beluga et BelugaXL, sans oublier bien sûr l’A400M. Pour l’A350F, le site allemand accueille aujourd’hui l’un des outils les plus importants pour la maturation du système de chargement du futur biréacteur cargo, un banc d’essai taille réelle baptisé Cargo Zero.
Pour rappel, le nouvel A350F dispose d’un pont principal d’environ 50 mètres de long, capable d’accueillir jusqu’à 30 ULD au format M (96 x 125 pouces). Cargo Zero n’en reproduit toutefois qu’environ la moitié, sur une longueur de 25 mètres. Comme nous l’explique Alexander Scheidt, Head of Cargo Module Engineering Civil chez Airbus et responsable technique du pont principal de l’A350F, l’avionneur a volontairement raccourci le banc d’essai par rapport à la vraie cabine de l’appareil en supprimant certaines parties répétitives pour se concentrer sur les zones présentant le plus d’intérêt pour les essais, notamment l’environnement proche de la grande porte cargo, la MDCD (Main-Deck Cargo Door), et la partie avant, où le fuselage commence à se resserrer.
Cargo Zero ne constitue donc pas une cellule destinée à des essais structuraux. Sa fonction est avant tout de vérifier le comportement du système de chargement et son utilisabilité dans des conditions proches de l’exploitation réelle.
Une plateforme extérieure simule ainsi le « high-loader » utilisé habituellement sur les aéroports pour amener palettes et conteneurs à hauteur de la porte cargo. Les ULD peuvent par ailleurs être lestés avant d’être introduits dans le banc. Plus intéressant encore, Cargo Zero est posé sur des vérins hydrauliques et peut donc être incliné afin de reproduire l’attitude d’un avion stationné sur un parking qui n’est jamais parfaitement horizontal. « C’est nécessaire, car le tarmac d’un aéroport n’est pas toujours plat, et pour simuler différentes attitudes de l’avion pendant les opérations de chargement, c’est absolument indispensable pour garantir la maturité et la robustesse des fonctions de notre système de chargement » explique Alexander Scheidt…





