La tentative de rachat d’easyJet par Castlelake débarque sur la place publique. Ne souhaitant pas s’avouer vaincu après un troisième rejet de la low-cost britannique, le fonds d’investissement américain a officialisé le 22 juin le détail de ses offres, dans l’espoir de convaincre les actionnaires de la compagnie de faire pression sur le conseil d’administration, qui refuse selon lui « de s’engager de manière constructive ». easyJet dénonce quant à elle une offre « au rabais ».
Trois offres non contraignantes d’acquisition ont été présentées au conseil d’administration d’easyJet depuis le 12 juin. La dernière propose d’acquérir la totalité des actions de la compagnie pour 625 pence par action, la valorisant à 4,7 milliards de livres sterling.
Selon Castlelake, cette offre est avantageuse car elle est supérieure de 59 % au cours de l’action à la clôture de la bourse le 28 mai, de 35 % à celui du 27 février (la veille du déclenchement du conflit avec l’Iran), et de 39 % à la moyenne du cours sur les douze derniers mois. Elle est même supérieure à tous les cours de clôture depuis le 25 février 2022, ajoute-t-il.
Cependant, pour le conseil d’administration d’easyJet, cette offre reste trop basse et surtout « hautement opportuniste », alors que le cours est déprimé en raison de la situation géopolitique complexe, et qu’elle « sous-évalue toujours fondamentalement [la compagnie] et ses perspectives ».
La low-cost explique également que Castlelake propose une structure d’actionnariat « opaque ». Le fonds d’investissement étant américain, il ne peut pas en effet détenir directement 100 % la compagnie, les lois européennes l’interdisent. Il propose donc d’en acquérir 49 % et de confier les 51 % à une structure européenne qui serait détenue par Peter Bellew (ancien directeur des opérations d’easyJet et de Ryanair) et Mark Breen (ancien directeur des opérations d’Oman Air et directeur général de Flydeal et Arajet).
Enfin, « le conseil d’administration émet de sérieuses réserves quant au niveau élevé d’endettement et aux nombreuses conditions liées à la troisième proposition ». Il estime que la faisabilité de la proposition est incertaine et rappelle également qu’il n’a aucune certitude qu’une offre ferme soit formulée.
Castlelake a jusqu’au 26 juin à 17h pour annoncer son intention ferme de déposer une offre ou pour y renoncer.









