Ryanair a enregistré un bénéfice net record de 2,26 milliards d’euros sur l’exercice 2025-2026, en hausse de 40% par rapport à l’année précédente, malgré les retards de livraisons de Boeing qui ont freiné la croissance de ses capacités.
Selon les résultats annuels publiés par le groupe irlandais, ce chiffre est présenté avant éléments exceptionnels liés notamment à une provision d’environ 85 millions d’euros constituée à la suite d’une amende de l’autorité italienne de la concurrence. Le trafic annuel a progressé de 4%, atteignant 208,4 millions de passagers, nouveau record pour une compagnie européenne.
Le chiffre d’affaires de Ryanair a ainsi augmenté de l’ordre de 11%, pour s’établir à près de 15,5 milliards d’euros, soutenu par une hausse d’environ 14% des recettes des billets, à plus de 10,5 milliards d’euros. Les revenus par passager ont progressé d’environ 7%, sous l’effet d’une augmentation moyenne des tarifs d’environ 10% par rapport à l’exercice précédent, qui avait été marqué par un recul des prix. Les recettes annexes, incluant bagages, choix de siège et services à bord, ont poursuivi leur croissance et contribuent de manière significative aux marges.
Sur le plan opérationnel, Ryanair signale une hausse d’environ 6% de ses coûts totaux, avec un coût unitaire hors carburant en légère augmentation, de l’ordre de 1%, ce qui lui permet de maintenir un avantage de coûts par rapport à ses concurrents. Le groupe a également renforcé sa couverture carburant, en protégeant une large part de ses besoins pour l’exercice 2026-2027 afin de limiter l’impact de la volatilité des prix du pétrole.
Michael O’Leary, le PDG de Ryanair a précisé que les retards de Boeing sur les livraisons de 737 MAX 8-200 ont limité la capacité de la compagnie à déployer toute la croissance prévue sur l’exercice écoulé, contraignant certains plans d’expansion de réseau et de fréquences. La compagnie vise néanmoins une nouvelle hausse modérée de son trafic sur l’exercice en cours, autour de 216 millions de passagers, sous réserve du respect de son calendrier de livraisons chez Boeing pour ses futurs 737 MAX 10. La compagnie rappelle par ailleurs que tous ses 737 MAX 8-200 sont désormais livrés.
Selon Ryanair, l’avionneur américain prévoit par ailleurs la certification du 737 MAX 10 à la fin de l’été 2026 et a confirmé la livraison de ses 15 premiers exemplaires au printemps 2027 (conformément aux dates contractuelles), avec un total de 300 737-10 attendus d’ici mars 2034.
Mais le numéro un du low-cost européen signale également une augmentation de ses coûts de maintenance, liée au vieillissement de la flotte 737-800 et aux visites à mi‑vie de ses moteurs LEAP, ainsi que des hausses significatives des salaires de ses équipage dans le cadre de nouveaux accords collectifs.
Pour l’exercice en cours depuis le 31 mars, Ryanair souligne qu’elle n’a pratiquement aucune visibilité sur le second semestre et que la volatilité sur les prix et l’approvisionnement en carburant, les tensions géopolitiques (Moyen‑Orient, Ukraine), les risques macroéconomiques et les grèves et lacunes de gestion du contrôle aérien européen rendent prématuré tout objectif chiffré de résultat. Sur le plan commercial, la demande pour l’été 2026 demeure cependant robuste, même si les réservations se font plus tardivement qu’un an plus tôt, ce qui réduit la visibilité et complique la prévision de recettes unitaires.








