L’Inde est assurément l’un des principaux moteurs de la croissance du trafic aérien mondial, avec un marché intérieur en très fort développement (+18,9% en RPK en 2018) et une accélération de la demande qui dépassera celles de la Chine et de l’Asie du Sud-est au cours des dix prochaines années. Selon l’IATA, l’Inde prendra ainsi la troisième place du podium des principaux pays au niveau mondial, d’ici cinq ans, derrière la Chine et les États-Unis et devant l’Indonésie.
Évidemment la faillite de Jet Airways en avril et les graves difficultés financières rencontrées par la compagnie nationale Air India peuvent venir semer le trouble. Mais c’est par exemple aussi en Inde que la compagnie low-cost IndiGo vient de passer fin octobre l’une des plus importantes commandes d’avions commerciaux de l’histoire avec 300 nouveaux appareils de la famille A320neo fermes, preuve que ce type d’opérateur voit l’avenir avec une confiance certaine.
Selon les dernières estimations du cabinet Oliver Wyman (Marsh & McLennan), la flotte des compagnies aériennes de la région Asie-Pacifique continuera à croître de l’ordre de 6,2% par an sur 10 ans pour atteindre les 15 383 appareils (avions régionaux turbopropulsés compris), ce qui portera les dépenses de MRO à plus de 42 milliards de dollars à horizon 2029, soit plus du tiers des dépenses consacrées à la maintenance de la flotte au niveau mondial (116 milliards).
Pour l’Inde seule, cette croissance sera encore plus importante avec un développement annuel de la flotte de l’ordre de 10% sur 10 ans et des dépenses de MRO qui devront progresser quant à elles de 7,1% en moyenne jusqu’en 2029. La flotte d’avions commerciaux basés en Inde atteindra alors les quelque 1300 appareils, toujours très majoritairement composée d’avions de ligne monocouloirs.
Il est donc logique que la région du sous-continent indien devienne à terme un important marché pour les acteurs de la MRO qui y seront présents et l’Inde ne cache d’ailleurs pas ses ambitions en voulant naturellement devenir un nouveau hub mondial dédié à la maintenance, en particulier sur les cellules. Mais avec 90% des travaux de maintenance effectués à l’étranger, le pays va devoir rendre beaucoup plus compétitif les acteurs présents sur le marché, que ce soit par un développement des leurs capacités ou par une baisse de la fiscalité.
Le secteur indien de la maintenance représente aujourd’hui un chiffre d’affaires annuel de l’ordre de 1,2 milliard de dollars, un montant qui devrait doubler à horizon 2025.










