Riche année que 2015 pour l’industrie aéronautique. Dans le monde entier, des programmes majeurs ont réalisé de belles avancées, avec plus ou moins de difficultés. Retour sur les principaux accomplissements.
2015, l’année de l’Airbus A320neo s’achève sur une pointe de déception
Après avoir effectué son roll-out en avril, le premier A320neo a réalisé son vol inaugural le 19 mai. Un démarrage sur les chapeaux de roue arrêté net par un problème sur les moteurs de Pratt & Whitney, qui a mené à une suspension des tests durant deux mois. Désireux de respecter son calendrier, Airbus a introduit un cinquième appareil dans le programme d’essais – qui comptait donc deux prototypes et un appareil de série (destiné à IndiGo) équipés de PW1100G-JM et deux autres prototypes équipés de LEAP-1A – et a ainsi réussi à décrocher la double certification EASA et FAA le 24 novembre pour l’A320neo motorisé par Pratt & Whitney.
Le dernier objectif à remplir était de livrer le premier appareil avant la fin de l’année. Mieux, trois A320neo devaient initialement être remis à Qatar Airways, IndiGo et Lufthansa. Un objectif qu’Airbus a fini par manquer puisque, après avoir reporté les dates de livraison des appareils des deux premières, l’avionneur vient tout juste de repousser également celle de Lufthansa.
© AirbusParcours en dents de scie pour Bombardier
Le moins que l’on puisse dire, c’est que Bombardier aura traversé une année riche en rebondissements. Difficile, 2015 l’a été. Très. En retard sur son calendrier et n’ayant enregistré aucune commande, le programme CSeries a pesé lourd sur les comptes de l’avionneur qui a dû chercher un partenaire pour stabiliser ses finances. Après qu’Airbus lui a tourné le dos, c’est auprès du gouvernement du Québec que Bombardier a trouvé son sauveur : celui-ci a pris une participation et injecté un milliard de dollars dans le programme. Une opération d’urgence qui n’a pas pu empêcher le sacrifice du programme d’avion d’affaires Learjet 85.
Pourtant, de bonnes nouvelles ont aussi été annoncées sur le CSeries, notamment des performances meilleures que sur le cahier des charges. Mais surtout, l’année s’est conclue en beauté avec la certification du monocouloir le 18 décembre.
© BombardierMitsubishi fait décoller le premier avion commercial japonais depuis 40 ans
Mitsubishi Aircraft aura marqué l’année le 11 novembre, avec le premier vol, très attendu, de son MRJ. L’appareil régional a depuis réalisé de nouveaux vols mais son constructeur a décidé d’approfondir et de réviser son programme d’essais dans le but de créer un avion mieux intégré. Une justification un petit peu vague qui a tout de même pour conséquence un décalage d’un an de l’entrée en service, désormais prévue pour le milieu de l’année 2018.
© Mitsubishi AircraftBoeing présente le 737 MAX 8
Cette année relativement calme pour Boeing a culminé le 8 décembre avec le roll-out du 737 MAX 8. Lancé en 2011, le monocouloir remotorisé (avec le LEAP-1B de CFMI) doit réaliser son premier vol au début de l’année prochaine et le premier appareil de série entrera en service au troisième trimestre 2017 auprès de Southwest Airlines.
© BoeingLa COMAC avance : roll-out du C919 et livraison du 1er ARJ21
L’industrie chinoise a pu célébrer deux grands événements au mois de novembre. Le 2, le C919 a fait son roll-out devant de nombreux politiques et industriels. L’appareil, destiné à concurrencer les A320 et 737, devrait voler en 2016 – date à laquelle il devait initialement entrer en service. Puis, le 29, le premier ARJ21 a été livré à Chengdu Airlines, signant la fin du développement du programme, un statut qui aura duré treize ans. L’ARJ21 avait en effet été lancé en 2002 et ses jalons avaient été très espacés, le premier vol ayant eu lieu en 2008 et la certification en 2014.
© COMACAirbus Helicopters dévoile et fait voler le H160
Le X4 a gagné un nom et une silhouette en 2015. Premier hélicoptère de la génération H, le H160 a été présenté le 3 mars (en maquette), a réalisé son roll-out le 29 mai et a effectué son premier vol le 13 juin. Successeur du Dauphin et concurrent direct de l’AW139, cet hélicoptère de la catégorie des 5-6 tonnes est doté d’un rotor principal à cinq pales en composites à double flèche, d’un stabilisateur horizontal biplan et sera le premier sur le marché civil à disposer d’une cellule intégralement produite en matériaux composites. Il sera par ailleurs motorisé par Turbomeca et sa turbine Arrano.
Disponible à la vente à partir de 2016, il devrait entrer en service en 2018.
© Airbus HelicoptersDeux avancées sur les programmes Falcon 8X et 5X de Dassault
Les programmes d’avions d’affaires de Dassault auront été marqués par deux grands événements en 2015. Le Falcon 8X, d’abord, a réalisé son vol inaugural le 6 février à Bordeaux, atteignant dès sa première sortie le niveau de vol 400. Le programme d’essais se déroule de façon fluide et le calendrier devrait être respecté, avec une certification attendue au milieu de l’année 2016 et une entrée en service au second semestre.
Le Falcon 5X a lui aussi brillé le 2 juin, lors de son roll-out. Mais les choses se sont rapidement gâtées à cause des problèmes du Silvercrest, le moteur développé par Snecma. Ceux-ci ont fait manquer à Dassault la date butoir de septembre/octobre pour le premier vol de l’avion d’affaires et contraint l’avionneur à ralentir sa production. Un nouveau calendrier de développement reste à définir.
© Dassault AviationAirbus s’installe à Mobile
Airbus s’est symboliquement américanisé en inaugurant sa quatrième ligne d’assemblage à Mobile, en Alabama, le 14 septembre. Celle-ci travaille sur tous les appareils de la famille A320, ceo puis neo. La première livraison est attendue pour le printemps 2016, avec la remise d’un A321 à JetBlue. L’objectif est d’atteindre un rythme de production de 40 à 50 appareils par an d’ici 2018.
© Tad DensonFusion de géants : GKN rachète Fokker et Lockheed Martin intègre Sikorsky
L’été 2015 a vu la signature de deux très importantes fusions. La première a préparé l’intégration de Fokker Technologies au sein de GKN Aerospace, qui a été finalisée au mois d’octobre. L’acquisition, réalisée pour 706 millions d’euros, crée une activité combinée de 3,8 milliards d’euros de chiffre d’affaires, employant 17 000 personnes sur 61 sites dans le monde. Le groupe britannique GKN a décidé de garder la puissante marque Fokker Technologies, l’industriel conservant son équipe dirigeante et son siège aux Pays-Bas.
Aux Etats-Unis, c’est Lockheed Martin qui a mis la main sur Sikorsky Aircraft. Le groupe United Technologies souhaitait se séparer de l’hélicoptériste, qui emploie près de 15 000 personnes dans onze pays, pour recentrer ses activités et consolider son actionnariat. C’est chose faite depuis début novembre, date à laquelle la transaction de 9 milliards de dollars a été clôturée. Le producteur du Black Hawk, désormais « a Lockheed Martin company », garde son siège de Stratford, dans le Connecticut.


