Le programme CSeries concluera une année 2015 mouvementée sur la plus positive des notes. Bombardier a en effet célébré le 18 décembre la certification du CS100 par Transports Canada, au terme de 3 000 heures d’essais en vol. Reste à l’avionneur une dernière formalité avant de pouvoir lancer les livraisons : la certification européenne par l’EASA.
Une fois celle-ci obtenue, Bombardier pourra livrer le premier CS100 de série à Swiss, opératrice de lancement de l’appareil. Elle prévoit de le mettre en service au cours du deuxième trimestre 2016.
L’avionneur doit en parallèle avancer sur la certification du CS300, la version la plus longue du CSeries. Celle-ci a toujours été prévue pour être décrochée six mois après celle du CS100 et la première livraison de l’appareil est attendue par airBaltic au second semestre 2016.
Ces derniers temps ont été mouvementés pour le programme. En retard de trois ans sur son calendrier initial, il a vu ses coûts exploser jusqu’à mettre Bombardier dans une situation financière délicate. Lorsqu’Airbus a refusé de soutenir le CSeries, l’Etat du Québec a dû voler au secours de l’appareil en injectant un milliard de dollars dans le programme pour assurer qu’il soit mené à son terme.
Pourtant, les bonnes nouvelles n’avaient pas manqué, avec des performances meilleures que prévu annoncées en juin. Rayon d’action allongé (de 300 nm, soit 550 km), capacité accrue, économie en termes de consommation carburant plus importantes et coûts opérationnels réduits auraient pu lui assurer de nouveaux engagements. Mais aucune commande ferme n’a plus été passée depuis plus d’un an et les engagements stagnent à 243 appareils fermes.
La certification changera-t-elle la donne ? Le ministre des Transports canadien Marc Garneau, qui a annoncé la certification lors d’une cérémonie à Mirabel, semble y croire : « nous allons exporter des centaines et des centaines de cet avion dans les années à venir. »

