L’A400M est parti à la rencontre de son élément naturel : l’air. L’appareil militaire multirôle de transport d’Airbus a effectué son vol inaugural le 11 décembre, comme prévu. Il a décollé de Séville à 10h15 pour un vol de près de quatre heures dans un ciel sans nuage. Le roi Juan Carlos était présent pour l’occasion, entouré des dirigeants d’Airbus, EADS et des représentants des nations clientes de l’appareil.
L’appareil a atteint une vitesse de 230 nœuds (425km/h). Six membres d’équipage se trouvaient à bord sous la direction du pilote d’essais Edward Strongman. Le second pilote était Ignacio Lombo. Les quatre ingénieurs étaient Jean-Philippe Cottet, Eric Isorce, Didier Ronceray et Gerard Leskerpit. Ils ont surveillé les instruments de test enregistrant les performances et le fonctionnement des systèmes durant le vol pour analyse.
Le programme d’essais en vol est à présent officiellement lancé. Il devrait cumuler 3 700 heures de vol d’ici fin 2012. Airbus avait en effet déclaré que le premier appareil serait livré trois ans après le vol inaugural.
Après avoir assisté à ce décollage tant attendu – plus d’un an et demi après la date initialement prévue –, l’avionneur européen et les clients de son A400M vont discuter contrat. Ils sont en effet en pleine renégociation en raison des retards cumulés par le programme. A l’origine, celui-ci devait coûter vingt milliards d’euros. Il a déjà dépassé son budget de 7,4 milliards d’euros. EADS est prêt à en endosser une partie mais souhaite répercuter 5 milliards d’euros de surcoût sur le prix de vente des appareils. Une perspective qui a fait reculer l’Afrique du Sud : elle a annulé son contrat au début du mois de novembre.
Censé remplacer la flotte mondiale de C-130 Hercules et de C-160 Transall, l’A400M s’est en effet enlisé dans des problèmes technologiques qui lui ont coûté très cher. Le principal concernait le logiciel de gestion FADEC des turbopropulseurs TP400 d’Europrop International.
Cinq appareils participeront au programme de certification. MSN 1, qui a volé aujourd’hui, sera rejoint par deux appareils, MSN 2 et MSN 3, au premier semestre 2010. MSN 4 suivra à la fin de l’année prochaine. Enfin, un cinquième appareil participera aux tests à partir de 2011. La première livraison se fera auprès des forces françaises.










