Aéroports de Paris a présenté son nouveau plan stratégique pour les cinq ans à venir. Baptisé « Connect 2020 », il prévoit un haut niveau d’investissements : 4,6 milliards d’euros, dont 3 milliards sont dédiés au périmètre régulé, donc à l’amélioration de ses prestations auprès des compagnies aériennes.
Figurent au programme des travaux de modernisation et d’optimisation des aérogares et des infrastructures aéroportuaires, l’installation de nouveaux commerces pour accroître l’attractivité des plateformes ou la poursuite du développement à l’international.
De grands travaux sur les infrastructures et la stratégie du one roof
Aéroports de Paris a décidé d’investir dans l’amélioration de ses terminaux et dans l’accroissement de ses capacités de 8 millions de passagers annuels sans s’encombrer d’un nouveau bâtiment. « Nous avons refusé la chimère de l’architecte qui veut construire de nouveaux terminaux », explique Augustin de Romanet, son président. A la place, la société va rénover ses installations et joindre les terminaux qui peuvent être rassemblés. Ainsi, 663 millions d’euros seront investis pour la jonction des terminaux Sud et Ouest d’Orly, celle du 2B et du 2D à Roissy et des satellites internationaux du terminal 1, « construits pour des modules du siècle dernier ».
Au terminal 2E, 274 millions d’euros seront investis pour installer un trieur bagages allant jusqu’au satellite 4 afin d’améliorer les performances de livraison des bagages (aujourd’hui assurée par camion), qui laissent à désirer. Par ailleurs, des travaux sont prévus sur quatre pistes – 3 et 4 à Orly (les pistes usuelles), 2 et 3 à CDG (piste longue sud, piste courte nord) – en plus des travaux de maintenance dans les terminaux, sur les taxiways, au niveau de l’éclairage…

Aéroports de Paris s’apprête à ouvrir en 2016 la nouvelle salle d’embarquement internationale à l’extrémité est du terminal Sud d’Orly – ici, la situation des travaux au mois de mai © Le Journal de l’Aviation – tous droits réservés
Refonte de la structure tarifaire
Autant de projets qui justifient selon Augustin de Romanet la hausse des redevances prévues sur la période. Mécontent d’être pris comme « bouc-émissaire » par les compagnies aériennes pour justifier leurs difficultés, il a souligné la solidarité d’Aéroports de Paris, qui se traduit par un plan de réduction des coûts de 8% par passager via le non-remplacement de la moitié des départs et une limitation des hausses de salaires sous l’inflation.
Un remaniement de la structure tarifaire va également être mis en place en avril 2016 qui va privilégier les vols internationaux et les compagnies performantes. Ainsi, une diminution de la redevance est décidée sur le trafic long-courrier et des abattements sont prévus pour les lignes avec un trafic en forte croissance, pour le trafic de correspondance et pour les rotations inférieures à 45 minutes. Ainsi, les tarifs diminueront de 11% pour les A380 ou de 18 euros pour les passagers en correspondance. En revanche, la redevance augmentera pour les petits et moyens porteurs dont le remplissage n’est pas optimal.
Une refonte qui devrait profiter à Air France et participer du même coup à l’amélioration de l’attractivité de la plateforme parisienne.
Celle-ci passera également par une homogénéisation des commerces et l’implantation de marques plus abordables à Orly et à Roissy, ainsi que par un effort sur l’offre de restauration. Un objectif a été fixé d’atteindre 23 euros de dépenses par passagers en 2020 – actuellement chaque passager achète en moyenne pour 19 euros de produits dans l’aéroport.
Développement international
Aéroport de Paris veut également s’appuyer sur son expertise pour devenir une marque de renommée internationale dans la conception, la construction et l’exploitation d’aéroports, grâce à ses filiales ADPi, ADPM et son partenaire TAV notamment. Si l’ambition est grande, elle n’est pas débridée : « je suis très prudent pour le développement à l’international », modère Augustin de Romanet.
Toute implication d’Aéroports de Paris dans des projets aéroportuaires doit ainsi répondre à des critères précis. La société cherche plutôt des aéroports complexes (lui permettant d’exploiter et d’enrichir son savoir-faire), dont la croissance est deux fois plus rapide que celle de Paris, dont la rentabilité sera supérieure à Paris également et qu’Aéroports de Paris peut contrôler (avec une participation importante). Des discussions sont en cours avec l’Iran notamment mais aucun appel d’offres n’a encore été lancé.
Tous ces investissements et ces projets visent à renforcer l’attractivité d’Aéroports de Paris. Si les 4,6 milliards semblent déjà être une belle somme pour réaménager les trois plateformes, ils ne sont rien comparés aux investissements qui sont déjà envisagés dans le prochain plan stratégique. Le terminal 4 de CDG sera alors devenu essentiel – « on sera peut-être un petit peu serrés en 2022-2023 », a plaisanté Augustin de Romanet –, le réseau routier devra être amélioré car la saturation menace dès 2020 et CDG Express devrait être en pleine construction.









