Si la santé financière de Lufthansa n’a rien à voir avec celle d’Air France-KLM, la compagnie allemande fait face aux mêmes difficultés. Arrivant à la fin de son programme de restructuration SCORE, Lufthansa peine à réduire sa base de coûts et s’apprête à demander de nouveaux efforts à ses salariés, comme l’indique une lettre interne envoyée par la direction le 5 février et qu’ont pu se procurer les agences de presse.
Karl Ulrich Garnadt et Bettina Volkens, membres du conseil d’administration, expliquent que les yields ont baissé de 3% en moyenne en 2014, une ampleur que la réduction des coûts n’a pas réussi à compenser. Les coûts de personnel étant appelés à augmenter – des négociations sont en cours avec les syndicats de PNC et sol – ainsi que ceux d’exploitation, cela « va nous précipiter dans une dangereuse zone rouge si nous ne prenons pas de mesure pour corriger la tendance. »
Lufthansa déplore ainsi que, malgré ses efforts, sa « base de coûts reste 30% à 40% plus élevée que celle de ses concurrents directs comme easyJet ou Turkish Airlines. » L’exemple n’est pas anodin à l’heure où Lufthansa travaille à l’organisation de ses activités low-cost et se prépare à lancer une low-cost long-courrier avec SunExpress, le tout sous la marque Eurowings. Par ailleurs, elle a décidé de reconfigurer une partie de ses A340 pour augmenter leur densité et les placer sur ses routes les moins demandées par les voyageurs haute contribution.
Autant de projets face auxquels les pilotes se sont mobilisés pour défendre leurs conditions de travail et leurs avantages, au cours d’une dizaine de grèves qui ont ponctué l’année 2014. Mais « sur le long terme, nos coûts de personnel ne peuvent bien sûr pas rester significativement plus élevés que ceux de nos concurrents. Il n’y a pas de solution facile. » Davantage de détails devraient être discutés le 19 février.









