Un petit changement s’annonce chez HOP! La compagnie régionale française a en effet officialisé le 2 février l’introduction prochaine de l’ATR 72-600 à sa flotte. Cinq appareils sont attendus d’ici la fin de l’année.
Le premier ATR 72-600 sera livré à la compagnie au mois de mars et portera les couleurs de HOP! Air France. Le temps de former les pilotes – trois semaines sont requises – et il devrait entrer en service autour du 6 avril. Les quatre autres appareils seront quant à eux intégrés en juin, juillet, octobre et novembre. Tous seront basés à Orly et déployés sur tout le réseau régional.
Leur arrivée va apporter des changements perceptibles dans les opérations puisque les appareils remplaceront cinq ATR 72-500 (qui seront rendus à leur loueur) plus anciens. Ils rajeuniront ainsi la flotte d’ATR 72 de quinze à huit ans et amélioreront sa fiabilité de cinq points. La maintenance sera également facilitée, avec une meilleure fiabilité des équipements et la réduction de 30% du nombre de pièces dans le poste de pilotage (avec passage au glass cockpit). En ce qui concerne les mécaniciens, une simple formation aux différences de cinq jours suffit.
En cabine, les passagers pourront profiter de compartiments bagages plus grands de 10%. Les ATR 72-600 compteront 72 places, deux de plus que sur les ATR 72-500 grâce à des sièges plus fins, avec un pitch de 29 pouces. L’éclairage par LED rendra également la cabine plus lumineuse et des améliorations structurelles réduiront son bruit.
L’ATR 72-600 promis à un bel avenir chez HOP!
ATR se félicite de compter enfin un opérateur en France métropolitaine, qui permettra d’améliorer la perception de l’appareil dans l’Hexagone. Patrick de Castelbajac, son président, et Lionel Guérin, celui de HOP!, regrettent en effet que les Français le considèrent comme ancien, dépassé à cause de ses hélices. Alors qu’il se vend très bien dans le monde et particulièrement en Asie, « en France, on a besoin de rappeler qu’il est économe et performant », explique Patrick de Castelbajac.
« Ceux qui connaissent l’ATR sont très contents », renchérit Lionel Guérin. « Ceux qui découvrent l’ATR résistent. » Comme ça a été le cas en Bretagne, le remplacement des CRJ 700 ayant provoqué une levée de boucliers des entrepreneurs et de la collectivité. Mais Lionel Guérin rappelle que, en 2014, le choix des ATR sur les CRJ a permis d’économiser près de 24 000 tonnes de carburant, pour un parcours allongé d’une vingtaine de minutes en moyenne. « Avec 24 000 tonnes de carburant consommées en plus, on n’aurait pas pu rééquilibrer les comptes. »
Car en effet, la restructuration de HOP! porte ses fruits. Lionel Guérin a indiqué que le déficit d’exploitation avait été ramené à 9 millions d’euros en 2014 et que le retour à l’équilibre était attendu pour 2015. Avec ce genre de perspective, l’ATR 72-600 pourrait se faire une meilleure place dans les régions françaises. « En fonction de l’efficience de HOP!, on poursuivra la rénovation de la flotte », annonce Lionel Guérin. La priorité est donnée aux ATR 72-500 (onze en service aujourd’hui) mais le remplacement des ATR 42-500 (treize en service) est également en projet : « c’est mieux d’avoir une flotte unique. » La flotte de jets régionaux (CRJ et Embraer) devant aussi être optimisée, le remplacement des ATR pourrait prendre au moins trois ans.

De gauche à droite : Laurence Erbs, Directrice de l’Aéroport de Clermont-Ferrand ; Patrick de Castelbajac, Président Exécutif d’ATR ; René Souchon, Président de la Région Auvergne ; et Lionel Guérin, Président-Directeur Général de HOP! © Le Journal de l’Aviation – Tous droits réservés









