Une année difficile pour la sécurité
Si les études ne cessent de montrer que le transport aérien est sûr et si 2014 n’a pas dérogé à cette règle, l’année restera marquée par ses catastrophes, notamment en raison de leur côté extraordinaire.
8 mars : disparition du vol MH370 de Malaysia Airlines
« Good night, Malaysia Airlines. » C’est sur ces paroles que commence le mystère de la disparition du Boeing 777-200ER de Malaysia Airlines reliant Kuala Lumpur à Pékin. Alors qu’il survolait le golfe de Thaïlande, l’appareil cesse tout contact avec le sol et ses systèmes de communication et localisation sont coupés. Le Boeing et ses 239 occupants sont toujours portés disparus. Selon les enquêteurs, la trajectoire de l’appareil aurait été délibérément modifiée puis le pilotage automatique aurait été enclenché, l’appareil poursuivant sa route jusqu’à ce qu’il arrive à court de carburant. Les recherches sont menées dans l’océan indien, au large des côtes australiennes.
17 juillet : le MH17 est abattu
Le Boeing 777-200ER de Malaysia Airlines immatriculé 9M-MRD décolle d’Amsterdam à 12h14 pour rejoindre Kuala Lumpur, avec 298 personnes à son bord (283 passagers et quinze membres d’équipage). Une heure plus tard, le contact radio est perdu alors que l’appareil survolait l’Ukraine. Si l’enquête est toujours en cours, il est rapidement apparu que l’appareil a été abattu en vol, probablement par un missile sol-air tiré par les séparatistes ukrainiens. La tragédie a rapidement eu des effets, les compagnies aériennes s’appliquant davantage à contourner les zones de guerre, même lorsque l’espace aérien n’est pas interdit mais seulement restreint.
24 juillet : le vol AH5017 d’Air Algérie s’écrase au Mali
Le vol AH5017 d’Air Algérie devait relier Ouagadougou à Alger et était opéré par Swiftair en MD-83. Alors qu’une cellule orageuse se trouvait devant lui, l’équipage a demandé à dévier de sa route pour l’éviter. L’enquête, toujours en cours, a constaté que la vitesse de l’appareil s’est progressivement réduite jusqu’à ce qu’il décroche. Le MD-83 s’est désintégré en touchant le sol, sur le territoire malien. Cent seize personnes se trouvaient à bord.
31 octobre : le SpaceShipTwo de Virgin Galactic se brûle les ailes
Dans un domaine un petit peu particulier, Virgin Galactic a peut-être voulu trop s’approcher du soleil. Au cours d’un vol d’essai, SpaceShipTwo s’écrase dans le désert du Mojave. Le vaisseau, destiné à abriter les futurs touristes spatiaux, aurait rencontré un problème avec la position des extensions d’ailes (elles auraient basculé au mauvais moment) qui aurait provoqué une rupture en vol. L’accident a mis un coup d’arrêt aux essais puisqu’il s’agissait du seul vaisseau dont la construction était achevée.
28 décembre : le vol QZ8501 d’Indonesia AirAsia s’abîme en mer
Cette difficile année s’est conclue sur l’accident d’Indonesia AirAsia. Un A320 devait relier Surabaya à Singapour. Là encore, en raison des conditions météorologiques, l’équipage a voulu modifier sa trajectoire pour accéder à une altitude plus élevée. Le contact a été perdu au-dessus du détroit de Karimata et l’épave de l’appareil git par 30 mètres de fond. Les recherches sont toujours en cours, notamment pour retrouver les enregistreurs de vol.
Le transport aérien français en mouvement
En France, l’actualité du transport aérien est restée dominée par Air France. La compagnie a en effet présenté et mis en service ses nouvelles cabines long-courrier, pour le moment sur 777. Désireuse de se hisser aux niveaux de ses concurrentes du Golfe ou d’Asie, les nouveaux sièges et services marquent une vraie montée en gamme de la compagnie. Air France a également annoncé un réaménagement des A380 et d’une partie de ses A330 avec ses nouveaux fauteuils. Une montée en gamme qui touchera aussi le moyen-courrier puisque que de nouveaux sièges et services ont également été présentés en 2014 pour les vols du secteur au départ de Roissy.
Mais l’année n’a pas été rose pour Air France. Alors que 2014 devait voir le retour à un résultat d’exploitation positif, l’objectif a été remis en question par la conjoncture, qui reste difficile notamment en raison d’une situation de surcapacité sur plusieurs routes long-courrier et d’un redressement qui tarde à se faire sentir dans le moyen-courrier et le cargo. Mais l’événement le plus marquant reste la grève des pilotes durant deux semaines au mois de septembre, qui aura un impact négatif de 500 millions d’euros sur l’EBITDA.
Une grève provoquée par les projets concernant le développement de Transavia. Si le mouvement a provoqué l’abandon de Transavia Europe, il n’a eu aucun effet sur la croissance envisagée pour Transavia France puisque la direction et les syndicats ont fini par accoucher d’un accord permettant à Transavia France de porter sa flotte à 40 appareils au lieu de quatorze. Accord approuvé par référendum par les pilotes au début du mois de décembre mais qui n’a toujours pas été signé par leurs syndicats…
Mais les choses bougent dans l’ombre du géant et la physionomie du transport aérien se modifie peu à peu. Ainsi, Europe Airpost s’est lancée dans les vols réguliers, avec la mise en place de plusieurs vols saisonniers tout au long de 2014. Un nouveau transporteur a également vu le jour : La Compagnie. Fondée par Frantz Yvelin, également créateur de l’Avion, elle reprend son plan d’affaires à quelques détails près : elle réalise des vols Paris – New York avec des 757-200 configurés entièrement en classe affaires. Mais, cette fois, au départ de Roissy CDG.
Là encore, 2014 n’a pas vu que des succès. Le 23 octobre, Aigle Azur a officiellement mis un terme à son projet de relier Paris à la Chine en raison des difficultés rencontrées pour obtenir les droits de survol de la Russie, encore renforcées par la situation politique actuelle. Le projet long-courrier est quant à lui maintenu mais le réseau se tournera davantage vers une région que la compagnie connaît bien : l’Afrique.
Côté aéroports, 2014 a été marquée par les travaux d’agrandissement, notamment à Bordeaux (billi) et Lyon mais surtout par la privatisation partielle de la plateforme de Toulouse, dont 49,9% des parts ont été vendues à un consortium chinois.
Et à l’international
Nos voisins ont également été témoins de grandes transformations. Lufthansa est ainsi revenue sur sa décision de ne jamais lancer de classe économique premium et a mis la sienne en service au mois de novembre sur Boeing 747-8. La compagnie allemande a également secoué 2014 en présentant un ambitieux projet de groupe low-cost, rassemblant sous la marque WINGS Eurowings, Germanwings et présentant la particularité de comprendre une compagnie long-courrier qui pourrait être créée avec Turkish Airlines. Quant à Air Berlin, 2014 est synonyme pour elle d’enfoncement dans la crise.
Plus au sud, une révolution a touché l’Italie avec le rachat d’Alitalia par Etihad, entériné au mois d’août. La compagnie du Golfe a acquis une participation de 49% dans sa partenaire dans le cadre d’un accord qui prévoit un investissement de 1,76 milliard d’euros pour revitaliser la marque et la faire renouer avec la rentabilité, avant de se concentrer sur son développement.
En Europe, un autre changement de taille est intervenu chez Ryanair, dans le cadre de la volonté de la low-cost de se rapprocher de ses clients et d’améliorer sa qualité de service : l’emménagement dans des aéroports principaux. Ryanair s’est ainsi installée à Rome Fiumicino et Bruxelles (Zaventem), ainsi qu’à Athènes et Lisbonne.
Plus loin, 2014 aura été marquée par les troubles pour le transport aérien russe. La crise ukrainienne a provoqué plusieurs mesures de rétorsion de l’Union Européenne envers la fédération qui ont cloué au sol en août la toute jeune low-cost d’Aeroflot, Dobrolet, lancée au mois de juin. Celle-ci a été remplacée par Pobeda au mois de décembre. Mais la crise du rouble rend difficile la survie des compagnies russes ; Transaero et UTair ont ainsi demandé et obtenu un soutien financier de l’Etat.
Un autre événement de 2014 : Air India a enfin pu intégrer Star Alliance le 11 juillet, sept ans après son invitation et trois ans après la suspension du processus d’intégration.
Eithad Airways a de son côté révolutionné ses opérations avec l’intégration de deux nouveaux types d’appareils : l’A380 et le 787. Une petite révolution qu’a également connue Qatar Airways avec l’arrivée de son premier A380 le 17 septembre (non sans rebondissements, les livraisons ayant été retardées de plusieurs mois pour des problèmes de finition) et du tout premier A350 le 22 décembre, mais aussi avec l’inauguration du nouvel aéroport de Doha le 30 avril.
Enfin, le secteur du leasing a vécu le mariage de deux grands noms le 14 mai, avec la finalisation du rachat d’ILFC à l’assureur américain AIG par la société irlandaise AerCap.








