James Hogan veut faire d’Alitalia « la compagnie la plus sexy » d’Europe. Et cela passera d’abord par le redressement financier de la compagnie. Le CEO d’Etihad et son homologue italien Gabriele del Torchio ont signé et officiellement présenté leur accord de partenariat le 8 août. Avec deux objectifs : renouer avec la rentabilité en 2017 et revitaliser la marque d’ici le premier trimestre 2015.
L’accord prévoit un investissement de 1,758 milliard d’euros dans la compagnie italienne. 560 millions d’euros seront apportés par Etihad pour l’acquisition d’une participation de 49% dans Alitalia, l’achat de son programme de fidélisation et celui de cinq paires de créneaux à Londres Heathrow.
Par ailleurs, 300 millions d’euros seront investis par les actionnaires majoritaires, 598 millions seront injectés par les banques et institutions financières sous forme de restructuration de la dette et 300 millions sous forme de nouvelles capacités d’emprunt. Car James Hogan estime qu’il y « a d’abord besoin d’assurer une stabilité à la compagnie puis de faire croître son activité. »
Une restructuration du réseau axée sur le développement international
Mais Alitalia n’a pas seulement besoin d’argent. Elle va également devoir optimiser son réseau et cela passera par le développement des vols long-courriers au départ de Rome et Milan (Malpensa). Après l’ouverture d’une liaison entre Rome et Abou Dhabi par Etihad le mois dernier, la compagnie prévoit le passage à une fréquence quotidienne du service assuré par Alitalia l’hiver prochain. Par ailleurs, une liaison sera lancée au départ de Milan puis, à partir de l’été 2015, de Venise, Catane et Bologne.
Mais Abou Dhabi ne sera pas le seul objectif de la compagnie italienne. Cinq nouvelles liaisons intercontinentales doivent être lancées d’ici quatre ans au départ de Rome. Celles au départ de Milan vont doubler pour atteindre 25 fréquences hebdomadaires en 2018.
Pour cela, la flotte long-courrier devra s’étoffer et devrait être « augmentée d’un tiers », pour atteindre environ trente appareils – Alitalia exploite aujourd’hui douze A330-200 et dix 777-200ER.
En revanche, le réseau moyen-courrier va être ajusté, avec l’abandon des liaisons point-à-point non rentables et une optimisation de la flotte.
Le retour d’Alitalia Cargo sur le marché du fret aérien
« La relance d’Alitalia Cargo est un point-clef de notre stratégie. » Etihad est en effet désireuse de profiter du potentiel du marché cargo en Italie, le troisième plus important en Europe. Alitalia Cargo va donc être rétablie et s’appuiera sur un hub situé à Milan Malpensa. Son développement se fera vers toutes les régions du monde, les Amériques, l’Afrique et le sous-continent indien. La compagnie va également investir dans des capacités de manutention dans les aéroports italiens.
Par ailleurs, le programme de fidélisation MilleMiglia sera rattaché aux programmes d’Etihad et de ses partenaires. Des synergies pourront également être dégagées à tous les niveaux, organisationnel comme opérationnel, avec une mise en commun de l’entretien, la formation, l’assistance en escale comme des achats d’avions, de moteurs ou du carburant.
A elles deux, Alitalia et Etihad proposeront 211 connexions, exploiteront 232 appareils et transporteront 34 millions de passagers par an. Les négociations pour le rapprochement auront duré un an, « avec des hauts et des bas comme dans toute relation » a souligné Gabriele del Torchio. Et de conclure que « des décisions difficiles ont dû être prises mais l’avenir a été sécurisé. »









