British Airways largue sa filiale régionale. La considérant comme un lest ralentissant son ascension, la compagnie britannique a décidé de se défaire de BA Connect pour ravitailler Flybe en routes, appareils et passagers. Willie Walsh, le Président de British Airways, et Jim French, celui de Flybe, ont conjointement annoncé le 3 novembre qu’ils avaient conclu un accord de principe portant sur l’acquisition de la filiale de la compagnie nationale par la low-cost régionale.
British Airways a tout de même fait un tri avant de faire don de BA Connect. Flybe reprendra toutes les activités de la filiale à l’exception des routes au départ de l’aéroport de London City et de la liaison long-courrier entre Manchester et New York. Les appareils et équipages dédiés à ces dessertes resteront également au sein du transporteur porte-drapeau. Il en va de même pour la filiale d’assistance aéroportuaire, BA Regional.
Une envergure doublée
Mais avec cette acquisition, Flybe va tout de même devenir la plus grande compagnie régionale en Europe. Le nombre de ses passagers devrait doubler dès la première année, passant de cinq à près de dix millions. Grâce à de nouvelles liaisons vers Paris, Düsseldorf, Francfort et Milan, la low-cost basée à Exeter compte également augmenter de façon importante sa clientèle d’affaires. De 101 routes exploitées, elle va passer à 159, dont 35 seront nouvelles. L’optimisation des dessertes est actuellement à l’étude. Enfin, lorsque la transaction aura été complétée, elle comptera 59 aéroports dans son réseau, dont 36 en Europe, contre 47 aujourd’hui.
Quant à la flotte, elle va considérablement augmenter. A présent constituée d’une quarantaine d’appareils, elle devrait en compter 70 à la fin de l’année 2007 et 82 en 2009. Mais les appareils venant de BA Connect ne devraient pas faire long feu au sein de la low-cost car elle a décidé de les remplacer le plus rapidement possible. Flybe est en effet en plein programme de renouvellement de sa flotte : 14 ERJ 195 d’Embraer doivent remplacer la quinzaine de BAe 146 qu’elle exploite actuellement et 12 options attendent qu’une chose, être converties. D’autre part, 45 Q400 de Bombardier s’introduisent progressivement dans la flotte de la compagnie depuis 2003 et s’accompagnent de 16 appareils en option.
Un abandon programmé ?
Willie Walsh a justifié la vente de BA Connect par son absence d’intérêt stratégique et surtout de rentabilité. Lancée le 1er février des cendres de British Airways CitiExpress, la filiale régionale n’a pas su se redresser malgré un changement de modèle économique. Elle devait en effet récupérer les passagers que les compagnies low-cost avaient détournés de ses lignes en baissant le tarif de ses billets, en rendant ses appareils monoclasses et en supprimant le service gratuit à bord. L’argument qui devait faire la différence reposait sur le bannissement des billets non modifiables, sous conditions et sur l’existence d’un tarif spécial permettant de choisir sa place dans l’appareil et d’accéder aux salons.
Mais n’ayant pas eu le temps de fêter son premier anniversaire, on imagine mal que BA Connect ait pu avoir celui d’accomplir des miracles sur ses résultats. La création de la filiale apparaît à présent comme un moyen de se défaire plus aisément des routes déficitaires de la compagnie. Elle facilite en effet la vente de cette partie des activités de British Airways à autrui. La compagnie nationale a toutefois tenu à garder une présence sur le secteur régional en acquérant 15% de Flybe. La transaction devrait être achevée avant la fin de l’année. Dans ce cas, la reprise des opérations de BA Connect par Flybe devrait avoir lieu le 1er janvier 2007. Les changements de marque, de livrée et d’uniformes s’étendraient ensuite jusqu’au lancement du programme été 2007, le 25 mars.










