Alitalia n’est plus au bord du précipice. Elle est déjà tombée dans l’abîme et s’y écrasera dans trois mois si aucune corde ne lui est lancée. Le Président du Conseil italien Romano Prodi a tenu une réunion entre le gouvernement et les syndicats le 10 octobre au sujet d’Alitalia. La compagnie nationale italienne a jusqu’au 31 janvier pour présenter un plan de redressement. Sinon, c’est la faillite.
« La situation est complètement hors de contrôle » selon Romano Prodi. Raffaele Bonanni, le Secrétaire Général de la Cisl (Confédération italienne des syndicats du travail), ne peut qu’abonder en son sens « dans trois mois, la compagnie n’existera plus. » En effet, elle est dans un état critique. Ses pertes se creusent toujours davantage : de 124,7 millions d’euros au premier semestre 2005, elles ont atteint 221,5 millions d’euros sur les six premiers mois de 2006, plus de 50 000 euros par heure. Et cela ne risque pas de s’arranger puisqu’elle perd jour après jour de nouvelles parts de marché sur les secteurs domestique et international.
Pour éviter la faillite, le gouvernement, qui possède 49% des parts de la compagnie, souhaite élaborer au plus vite un nouveau plan de redressement. Mais après le manque d’efficacité dont ont fait preuve les précédentes restructurations et recapitalisations, celui doit s’inscrire dans une stratégie internationale. D’où la volonté du ministre des Transports Alessandro Bianchi de conclure des « alliances stratégiques internationales fortes ».
Une rumeur a longtemps couru sur un éventuel rachat de la compagnie italienne par Air France KLM. Elle a cependant été démentie par le groupe franco-néerlandais. Il est en effet difficile d’imaginer qu’une compagnie s’engage dans la reprise d’une autre perdant de l’argent à chaque vol. D’autant qu’Alitalia s’est déjà vainement engagée dans un plan de redressement en 2004 prévoyant la suppression de 3.700 emplois sur les 20.000 que compte la compagnie. Elle est enfin sans cesse secouée par des grèves, la direction et notamment le Président Giancarlo Cimoli ne bénéficiant plus de la confiance de ses syndicats ni de ses employés.








