Ryanair a quelque chose de l’ouragan. Impétueuse, la compagnie low-cost enfle, met à mal les concurrents qui ont la mauvaise idée de se trouver en travers de sa route et cherche à engloutir tout ce qui se trouve dans son voisinage. Et la compagnie la plus proche reste Aer Lingus. Après avoir longtemps critiqué le transporteur national irlandais, la low-cost a décidé de saisir l’opportunité présentée par son introduction en Bourse pour en prendre le contrôle. Elle a annoncé le 5 octobre avoir acquis 16% des parts d’Aer Lingus et lancé une offre d’achat pour acquérir le reste des actions émises.
La proposition de Ryanair est plutôt alléchante. La low-cost a proposé 2,80 euros par action, une valeur encore jamais atteinte depuis l’entrée en Bourse d’Aer Lingus le 2 octobre à 2,20 euros. Si le projet aboutissait, elle acquerrait la compagnie nationale pour 1,5 milliard d’euros. Le gouvernement irlandais gagnerait 500 millions d’euros dans la transaction et les employés 220 millions. Mais pour que celle-ci soit réalisée, Ryanair a posé la condition de détenir la majorité dans le capital.
Michael O’Leary, le Président de la low-cost, a exposé son intention de créer un groupe fort en Irlande, capable de rivaliser avec les plus grands en Europe. Ensemble, les deux compagnies transporteraient en effet 50 millions de passagers par an. L’intention affichée de Ryanair n’est pas de faire disparaître sa concurrente à son profit. Au contraire, Aer Lingus poursuivrait ses opérations de façon indépendante, sous sa marque, et conserverait ses précieux slots à Heathrow. Et pour ne pas perdre leurs bonnes vieilles habitudes, les deux Irlandaises continueraient à se faire une concurrence acharnée sur les quelques routes qu’elles ont en commun (17 sur 500 au total).
En revanche, Ryanair propose de mettre son efficacité au service d’Aer Lingus pour étendre son réseau et sa flotte transatlantique. Ainsi, elle pourrait faire profiter sa petite protégée des tarifs préférentiels et des facilités de paiement dont elle jouit aujourd’hui lorsqu’elle veut acquérir de nouveaux appareils. Elle diminuerait également ses tarifs sur le court-courrier, avec une baisse de 2,5% par an sur au moins quatre ans. Elle poursuivrait alors la transformation d’Aer Lingus en compagnie bas coût et bas tarifs.










