Commande et lancement sur fond de bras de fer politique. Bombardier a reçu le 1er février une commande portant sur l’achat potentiel de vingt Q400. Celle-ci a été passée par Regional Airline Holdings (REGCO) qui a lancé le 2 février une nouvelle compagnie régionale à partir de l’aéroport du centre-ville de Toronto : Porter Airlines. Une entreprise que le maire de la ville ne voit pas d’un très bon œil.
Le contrat signé par REGCO Holdings, compagnie contrôlée par Robert Deluce, porte sur dix Q400 en commande ferme assortis d’options sur dix biturbopropulseurs supplémentaires. Sa valeur est estimée à 250 millions de dollars, le double si les options sont exercées.
Ces appareils de 70 places seront exploités par Porter Airlines, une filiale détenue à 100% par la compagnie torontoise, basée à l’aéroport du centre-ville de Toronto. Les Q400 devraient être exploités sur des liaisons au départ de cette base et à destination des Etats-Unis et du Canada, dans un rayon de 500nm autour de la métropole canadienne. Les vols débuteront dans le courant de l’année. Le Président de Porter Airlines est Don Carty, qui a déjà exercé ces fonctions chez American Airlines et CP Air.
L’idée de lancer cette compagnie régionale n’est pas récente. Robert Deluce avait déjà émis ce souhait en 2002 et avait été jusqu’à signer la lettre d’intention avec Bombardier pour l’achat de dix Q400, première étape de la commande du 1er février. L’aéroport du centre-ville, se trouvant sur une île du lac Ontario, Robert Deluce estimait alors que la construction d’un pont entre l’aéroport et la métropole était une nécessité pour assurer la viabilité du projet.
Cependant, en 2003, David Miller fut élu maire de Toronto sur un programme refusant une trop grande extension de l’aéroport insulaire. Celui-ci s’est fermement opposé à la fois à la construction d’un tel pont et à l’implantation de la compagnie, contre laquelle il était déterminé à lutter. Depuis, le projet semblait avoir été jeté aux oubliettes.
Cependant, il peut aussi trouver des défenseurs : la commande de Porter Airlines pourrait créer un millier d’emplois dans la région de Toronto. Les opérations de la jeune compagnie régionale redynamiseront également l’aéroport d’affaires et offriront une alternative à l’aéroport international de Pearson.










