L’épineux dossier de la rénovation et de la modernisation des C-130 Hercules de l’armée de l’air serait-il en passe d’évoluer ? Le site du bulletin officiel des annonces des marchés publics (BOAMP) a publié le 10 octobre dernier un avis concernant un marché de modernisation et de MCO pour « tout ou une partie des quatorze C-130 de l’armée de l’air française ». Le document précise également qu’il s’agit de prolonger la durée de vie des avions de transport tactique de l’armée de l’air « au-delà de 2025 ».
L’étendue effective des modifications reste pour l’instant assez floue, car l’avis précise que le marché concernera « tout ou une partie des quatorze C-130 » et « comprendra tout ou partie des tâches » listées dans les activités de développement, de l’application série des modifications et des activités de soutien. La partie la plus importante concernant bien évidemment les « activités de développement », qui incluent une modernisation de l’avionique, mais également l’optimisation des moyens de navigation, d’autoprotection et des capacités tactiques, sans plus de précisions.
Trois industriels avaient reçu à la mi-janvier 2013 une notification de marché pour des études de modernisation des C-130 : Marshall of Cambridge Aerospace, Rockwell Collins France et Sabena technics. La Direction générale de l’armement (DGA) souhaitait à l’époque « sécuriser le développement et choisir le meilleur compromis » pour préparer la modernisation des C-130, selon l’appel d’offres passé en août 2011. Celui-ci listait alors tout une série de modifications à apporter aux avions de transport tactique : intégration de capteurs optroniques, de systèmes EVS (vision améliorée), de nouveaux lances-leurres et de moyens de communication radio « spécifiques à certaines missions ». Concernant la partie avionique, le document prévoyait l’intégration de HUD et d’affichage tête basse, d’une capacité de navigation PRNAV (Precision area navigation) d’une nouvelle radio V/UHF, d’un FMS, d’un GPS militaire crypté, d’un EFB (Electronic flight bag), d’un système de cartographie, le remplacement du système d’interphone de bord et des enregistreurs de conversation cabine et des données de vol, ainsi que l’ajout d’une capacité bas niveau de lumière, « l’amélioration des fonctions tactiques » et un potentiel remplacement du pilote automatique.
La DGA avait déjà confié en 2008 un premier chantier de rénovation de l’avionique des C-130 à Sabena technics et Thales. Il s’agissait alors de « poursuivre l’exploitation de cette flotte jusqu’à l’horizon 2020-2025 en répondant aux exigences de la circulation aérienne générale en matière de navigation, communication et identification ».
Sur les 14 avions de transport tactique que possède l’armée de l’air, 12 ont été acquis neufs auprès de Lockheed Martin entre 1987 et 1990, les deux derniers ayant été achetés d’occasion en 1996. Les C-130H effectuent aussi bien des missions conventionnelles de transport que des opérations au profit du COS (Commandement des opérations spéciales) et donc des forces spéciales. Et si les missions de transport seront reprises peu à peu par les nouveaux A400M, toutes les opérations spéciales ne pourront pas être effectuées par l’avion flambant neuf d’Airbus Defence & Space, beaucoup plus gros et moins adapté aux besoins des forces spéciales. Air Actualités, le magazine de l’armée de l’air, précisait d’ailleurs dans son dernier numéro que les modifications qui seront apportées aux C-130 « permettront surtout de réaliser les missions des opérations spéciales jusqu’en 2030, l’objectif étant de rénover les quatorze machines, privilégiées pour leur rusticité et leur discrétion ».
La date prévisionnelle de notification de ce marché est annoncée au 31 décembre 2015, avec un début de chantier dès janvier 2016. La durée du marché est quant à elle fixée à 10 ans à partir de la notification du contrat.








