C’est une innovation, lauréate DGA du prix de l’Audace 2014, qui permettra aux Rafale Marine d’emporter un nouveau type de corps de bombe : des « platines de protection de BLU-111 pour tribombe ». En clair, des « cales de fixation » qui permettront aux corps de bombe BLU-111 d’être intégrés aux AASM et GBU-12 déjà emportés par le Rafale. Une innovation signée Pierre-Henri Papelard, ingénieur navigant d’essai de la DGA Essais en Vol (DGA EV).
« Le but de ce travail, c’était de permettre l’utilisation d’un corps de bombe qui existe actuellement sur un avion qui va partir à la retraite en 2015 (le Super Etendard Modernisé, NDLR), mais pour lequel on n’avait pas de solution pour l’intégrer au Rafale », explique l’ingénieur. Les problèmes rencontrés pour l’adaptation des BLU-111 au Rafale concernaient le serrage de la bombe et la détérioration de la bombe elle-même. La solution envisagée et développée par Pierre-Henri Papelard consiste à « répartir l’effort de serrage de la bombe sur l’avion, sur la plus grande surface possible », pour faire en sorte de ne pas avoir d’arête saillante qui « blesse » la surface de la bombe. Il a donc fallu concevoir des plaques les plus larges possibles, de sorte que « l’effort de tenue de la bombe sur l’avion soit maintenu dans le temps ».
Au processus de réflexion démarré en décembre 2011 a succédé un travail de développement de deux ans pour mettre au point ces cales de fixation. Elles ont ainsi été testées lors de campagnes d’essais en vol sur les sites d’Istres et de Cazaux, avec des Rafale B de l’armée de l’air, avant d’être intégrées sur un Rafale Marine du porte-avions Charles de Gaulle en avril dernier, pour une phase d’essais de catapultages et d’appontages qui a duré trois jours. « On avait embarqué une installation d’essai sur le Rafale Marine, avec télémesure, ce qui nous a permis d’avoir en temps réel l’effort de retenue de la bombe ». Une campagne qui s’est avérée concluante : « On pensait perdre de l’effort de serrage, mais on en a finalement gagné », précise l’ingénieur de la DGA EV.
Une innovation qui permettra de « conserver la capacité de bombardement emploi général » à bord du porte-avions, mais aussi de réaliser quelques économies. Après le retrait du service actif des SEM – qui devrait avoir lieu en 2015-2016 – si aucune solution n’avait été trouvée jusque là, les BLU-111 auraient dû faire l’objet d’un marché pour leur démantèlement, une solution qui aurait sans doute coûté plus cher que leur réutilisation en opérations.
Le marché pour les cales est actuellement en cours de négociations, l’industriel est lui déjà trouvé. L’autorisation d’exploiter l’innovation devrait arriver au mois de décembre, selon Pierre-Henri Papelard, qui espère que les pièces seront « au rendez-vous ».








