Les PDG d’Airbus Group, Dassault Aviation, DCNS, MBDA, Nexter, Safran et Thales, ont envoyé le 15 mai une lettre commune au président de la République François Hollande, afin de lui faire part de leurs inquiétudes concernant les rumeurs de nouvelles coupes budgétaires dans la Loi de programmation militaire. Les sept dirigeants sollicitent une audience auprès de François Hollande, afin de le convaincre « que la Défense et son industrie ont payé plus que leur part à l’effort national ».
« Produit d’une ambition politique portée depuis plus de 60 ans », l’industrie de défense française garantit à la France « son autonomie stratégique et son rang dans le concert des nations », rappellent les industriels. Ils parlent également d’un « levier majeur de développement industriel », notamment par le biais d’une base industrielle constituée de grandes sociétés, mais aussi de PME, d’ETI, représentant 165 000 emplois sur le territoire national.
En revanche, le « fragile équilibre » de cette loi de programmation militaire, élaborée dans une logique de « stricte suffisance », risquerait d’être mis à mal en cas de nouvelles coupes, mettant en danger l’ensemble du secteur de l’industrie de Défense. Des réductions qui auraient pour conséquence, selon les sept industriels, des licenciements, un « décrochage technologique », mais aussi une « perte de compétitivité et de souveraineté », entraînant le « déclassement » et la « désindustrialisation » de la France dans ce domaine.
Cette lettre intervient alors que les rumeurs vont bon train depuis le début de la semaine. Un article du quotidien économique Les Échos du mardi 13 mai évoque une potentielle réduction du budget de la défense, qui pourrait atteindre les 2,3 milliards d’euros d’ici à 2017, un chiffre appuyé par le député UMP Xavier Bertrand, qui parle lui « d’1,5 à 2 milliards d’euros par an ».
Michel Sapin, ministre des Finances, a quant à lui déclaré lors de la séance de questions au gouvernement à l’Assemblée nationale le même jour : « la France doit faire un effort en terme de maîtrise de ses dépenses publiques, tous les militaires feront un effort, mais le ministère de la Défense est un ministère qui doit être à la hauteur des enjeux de la sécurité de la France », affirmant également que la sécurité de la France « ne sera pas mise en danger » et que « l’avenir des crédits de la Défense » s’inscrivait dans le cadre de la LPM.
Le Premier ministre Manuel Valls a promis le 16 mai sur la radio Europe 1 que la LPM serait respectée, qualifiant les chiffres avancés plus tôt dans la semaine de « tout à fait fantaisistes ». Il n’a toutefois pas exclu des « ajustements ».
En avril 2013 déjà, les mêmes entreprises avaient diffusé une lettre commune, suite à une réunion avec le président de la République. Ils y avaient fait part de leur inquiétude avant la publication du Livre blanc 2013, mettant en garde contre une baisse des budgets alloués à la Défense.








