Le cours du prix du carburant est décidément imprévisible. Le baril de brut a perdu les deux tiers de sa valeur en moins de 18 mois, contredisant une nouvelle fois les nombreuses études d’experts en matières premières. On se souvient encore des multiples courbes nous indiquant que le « Peak oil » était sur le point d’être atteint il y a seulement 2 ans et il est difficile en l’état d’imaginer le respect de l’un des engagements de la COP21, la « décarbonisation » de l’économie mondiale.
Parmi les raisons de cette chute des cours, toujours inhérente à l’équilibre entre offre et demande, on peut citer l’échec de la négociation des pays membres de l’OPEP pour baisser la production, la volonté de l’Arabie Saoudite de protéger à tout prix ses parts de marché en voulant faire disparaître les gisements onéreux et notamment ceux situés en Amérique du Nord, ou encore l’arrivée prochaine du pétrole iranien.
C’est évidemment une très bonne nouvelle pour le transport aérien mondial qui va ainsi pouvoir encore améliorer ses marges, toujours à la traîne de celles des autres secteurs de l’économie. L’IATA table pour l’instant sur un cours moyen de 51 dollars le baril en 2016, mais les perspectives de l’association mondiale des compagnies aériennes pourraient une nouvelle fois être revues à la hausse si les niveaux actuels du cours du carburant étaient maintenus ; ne serait-ce que quelques mois.
L’impact sur l’industrie aéronautique est quant à lui plus difficilement quantifiable. Les compagnies aériennes sont certes moins pressées de remplacer leurs appareils gourmands en carburant et l’on note que les ventes d’appareils long-courriers neufs se sont quelque peu effritées cette année. Mais les compagnies aériennes seront plus à même de poursuivre leurs investissements, portés par leur meilleure santé financière et par l’assurance d’une demande des passagers qui restera forte.
De nouvelles opportunités pourraient aussi voir le jour, comme la multiplication des liaisons long-courriers à bas coût en Europe, et peut-être même en France. Un modèle économique qui est d’ailleurs né sur notre continent avec la compagnie islandaise Loftleidir, mais dont le succès reste, par définition, éminemment dépendant du prix du carburant.









