À seulement un an des premiers Jeux Olympiques organisés en Amérique du Sud, le nouveau gestionnaire de l’aéroport international Tom Jobim de Rio de Janeiro fait le point sur le développement de la plateforme qui veut redevenir la principale porte d’entrée du Brésil.
Vétustes et souvent mal adaptées, les infrastructures aéroportuaires du Brésil sont depuis quelques années l’un des principaux freins au développement du transport aérien du pays, le plus important de toute l’Amérique latine. L’organisation de la Coupe du monde de football l’année dernière et l’arrivée des prochains Jeux Olympiques d’été à Rio en 2016 ont évidemment été des véritables moteurs pour la modernisation et l’augmentation des capacités des principales plateformes aéroportuaires brésiliennes même si ces événements, par définition très éphémères, ne sont que des prétextes face aux enjeux auxquels devront faire face les transporteurs desservant le pays dans les prochaines années.
L’aéroport international de Rio (GIG), situé à proximité de l’ancienne plage du Galion (Galeão) est aujourd’hui le quatrième aéroport du Brésil avec un peu plus de 17 millions de passagers accueillis l’année dernière. Il se classe même à la deuxième place en termes de passagers internationaux, juste derrière la plateforme Guarulhos de São Paulo, avec des liaisons vers une vingtaine de pays. Mieux, la plateforme affiche une croissance annuelle moyenne de son trafic de 14% depuis 10 ans.
Selon Marcello Varella, le Directeur du développement stratégique de l’aéroport international de Rio de Janeiro, la plateforme « entend bien reprendre la première place et redevenir ainsi la principale porte d’entrée du pays dans les prochaines années ». Pour ce faire, et face aux importants besoins financiers nécessaires à son développement, Infraero a ouvert 49% du capital de la concession de Galeão aux entreprises privées l’année dernière pour une durée de 25 ans. Le capital du nouveau gestionnaire, RIOgaleão, est notamment partagé par le conglomérat brésilien Odebrecht et par le groupe singapourien Changi Airport.
Après avoir reconstruit les parkings attenants aux deux actuels terminaux pour pouvoir accueillir plus deux mille véhicules supplémentaires, le gestionnaire a adapté certains de ses postes de stationnement avion pour les rendre compatibles avec les appareils de catégorie F (Airbus A380 et Boeing 747-8I) en novembre dernier. Air France va ainsi desservir Rio en Super Jumbo l’année prochaine, Lufthansa assurant déjà une rotation quotidienne en 747-8 depuis Francfort.
RIOgaleão s’est également attaqué à la modernisation des deux actuels terminaux (remplacement progressifs des passerelles d’embarquement du terminal 1 -celles du T2 seront remplacées l’année prochaine-, installations d’ascenseurs et d’escaliers roulants, modernisation du système de tri bagages). Marcello Varella a ainsi indiqué que 100% des bagages enregistrés étaient désormais scannés aux rayons X. Deux hôtels du groupe Accord vont également venir s’implanter entre les terminaux 1 et 2 dans les prochains mois (Novotel et Ibis).
Un nouveau terminal flambant neuf sera prêt pour les prochains JO
Mais le plus ambitieux volet du programme de développement de l’aéroport de Rio Galeão à court terme concerne la construction de deux nouvelles jetées d’embarquement reliées au Terminal 2. Ces nouvelles installations vont ainsi accroître la surface des terminaux de 100 000 m2 (355 000 m2 au total) et ajouter 26 passerelles d’embarquement (97 au total pour l’aéroport) pour 14 nouveaux postes de stationnement avion au contact. La surface allouée aux boutiques hors taxe va également doubler pour atteindre 8000m2. Le Terminal 2 centralisera alors la majorité des zones d’enregistrement de la plateforme.
Marcello Varella nous a également précisé que les nouvelles jetées seraient principalement dédiées au trafic international, mais que certaines portes d’embarquement auraient aussi un rôle dual afin de faciliter les correspondances pour des vols domestiques. Cette nécessité répond notamment aux besoins de Star Alliance, comme nous l’avait indiqué son CEO Mark F. Schwab lors de l’intégration d’Avianca Brasil le 22 juillet dernier, ce qui n’a pas encore été rendu possible au Brésil avec la mise en service du nouveau Terminal 3 de Guarulhos à São Paulo.
« Les nouvelles installations seront prêtes pour les prochains Jeux Olympiques avec une mise en service prévue dès le 30 avril 2016 » a précisé le Directeur du développement stratégique de RIOgaleão. Au total, le projet de modernisation et de développement de la plateforme aura nécessité un investissement maîtrisé de près de 2 milliards de réaux brésiliens (528 millions d’euros).
Vue aérienne de la plateforme internationale de Rio Galeão (GIG) lors d’une approche vers l’aéroport domestique voisin de Santos Dumont (SDM). On distingue le chantier, bien avancé, des deux nouvelles jetées d’embarquement (à droite du T2).
Mais le développement de l’aéroport international de Rio ne s’arrêtera pas là. RIOgaleão a déjà prévu d’investir 3 milliards de réaux supplémentaires dans les prochaines années pour porter ses capacités à 20 millions de passagers domestiques et 4 millions de passagers internationaux. Une troisième piste est déjà à l’étude pour une mise en service en 2026.
Marcello Varella a par ailleurs rappelé que la plateforme Galeão disposait déjà de la plus longue piste d’envol du Brésil (4000 mètres). Autre atout, l’aéroport international de Rio accueille aussi l’une des principales installations de maintenance aéronautique d’Amérique latine avec le centre TAP M&E Brasil, filiale du groupe portugais TAP depuis 2005.
« Nous n’avons pas de contraintes d’espace à GIG, contrairement à l’aéroport de Guarulhos » a indiqué Marcello Varella, qui ajoute que des projets de développement de l’aéroport visent déjà à atteindre les 40 millions de passagers annuels, voire les 80 millions « si la demande est là ».









