Si la grande majorité des passagers européens n’en voit pas encore franchement les effets, les services de connectivité à bord des appareils commerciaux sont en train de se développer, avec une nouvelle dynamique depuis ces dernières années.
Une étude de Frost & Sullivan présentée à l’occasion de la conférence Passenger Experience le 8 avril en marge du salon Aircraft Interiors (AIX 2013) indique que les dépenses liées à la connectivité à bord représentaient 14% des dépenses totales du secteur du divertissement à bord en 2012. Un pourcentage légèrement supérieur aux dépenses de contenu (13%), mais bien inférieur aux investissements dans les équipements IFE (73%).
Cette répartition devrait progressivement évoluer vers un rééquilibrage entre le hardware et les dépenses liées à la connectivité d’ici 2020 (respectivement à 48 et 44% des dépenses IFE), alors que le chiffre d’affaires global du divertissement à bord devrait passer d’un peu plus de 2 milliards de dollars aujourd’hui à plus de 5,2 milliards dans 7 ans.
Une petite phrase de Michael Small, CEO de l’opérateur américain Gogo, résume bien la problématique d’aujourd’hui : « Les compagnies qui utiliseront des avions non connectés à l’horizon 2020 seront désavantagées ». Dans un secteur qui évolue très vite et qui propose des solutions diverses difficilement comparables, « attendre une nouvelle grande solution technique revient finalement à ne pas prendre de décision ».
Les différentes solutions techniques proposées par les spécialistes de la connectivité (ATG, ATG-4, bande Ku, bande L, solution transitoire hybride Ku-Ka vers la bande Ka…) sont très différentes par leur coût (par Mb de données), leur couverture (polaire, équatoriale, régionale…), leur capacité (vitesse de connexion) et leur latence (saturation). Pourtant, les besoins des compagnies aériennes et de leurs passagers sont clairement affichés : proposer une connexion relativement rapide, à un coût supportable (voire avec une perspective de rentabilité du service) et surtout fiable (sans coupure et sans discontinuité de service en fonction des zones survolées). Les enjeux dépassent largement le simple débat sur le nombre de Mb/s alloué aux avions ou à leurs passagers.
Pour Jamie Perry, Directeur du développement produit de JetBlue, la rentabilité du système de connectivité seule n’est pas nécessairement une fin en soi. La compagnie propose d’ailleurs son produit gratuitement sur ses appareils. « Internet est pour nous un avantage compétitif. La question n’est pas si le système est rentable mais plutôt est-ce que le système améliore la rentabilité de JetBlue. »









