Cela fait plusieurs mois que les rares bonnes nouvelles dans le transport aérien viennent du secteur cargo. C’est encore le cas : en janvier 2021, le transport de fret a retrouvé ses volumes pré-crise. Les tonnes-kilomètres dépassent même légèrement leur niveau de janvier 2019, de 1,1%. Avec des yields en hausse en raison de la pression sur les capacités mondiales, l’activité profite de la force de l’indice de confiance des marchés et des entreprises et continue d’offrir une bouffée d’oxygène aux compagnies aériennes.
Ce retour « à la normale » est très contrasté selon les régions. Les volumes sont très largement au-dessus de leur niveau de janvier 2019 comme de janvier 2020 sur les liaisons reliant l’Asie, l’usine du monde, et l’Amérique du Nord, où le niveau de vie des consommateurs « est en forme », explique Brian Pearce, chief economist de l’IATA. Ainsi, le volume de fret transporté sur le Pacifique Nord a augmenté de plus de 20%, tandis que celui transitant pas les hubs du Moyen-Orient est en hausse d’environ 15% (sur les faisceaux Moyen-Orient – Amérique du Nord et Moyen-Orient – Asie).
En revanche, il reste une faiblesse sur les réseaux vers l’Europe. Entre l’Europe et l’Asie, les volumes sont légèrement supérieurs (environ 5%) mais ils restent à la traîne sur l’Atlantique Nord (-10%).
L’autre nuance est que la santé retrouvée du cargo ne suffit pas à compenser les pertes enregistrées sur le secteur passager. Là, le mois de janvier a été synonyme de regain des restrictions et d’une nouvelle baisse du trafic, qui se situe 72% plus bas que son niveau de janvier 2019. Cela traduit une dégradation par rapport à décembre 2020, qui a été entraînée par une baisse importante des voyages intérieurs en Chine avec une montée des cas de covid-19. La tendance devrait se poursuivre en février : traditionnellement les Chinois voyagent beaucoup au moment du Nouvel An mais cette année le gouvernement a incité sa population à renoncer à ses déplacements.
Ainsi, en janvier, le trafic intérieur mondial est inférieur de 47,4% de son niveau de janvier 2019 et le trafic international reste atone à -85,6%. L’IATA souligne qu’en temps normal, le trafic international est le double du trafic domestique et que la tendance est inversée. Les coefficients de remplissage ne sont pas plus rassurants, ayant perdu en moyenne 25,7 points de pourcentage et atteignant 54,1%. La région où ils sont le plus dégradés est le Moyen-Orient avec environ 42% de remplissage.
« C’est un début d’année très difficile et la situation va empirer avant de se redresser », conclut Brian Pearce. Pour autant, malgré des chiffres toujours aussi déprimants et la réticence des gouvernements à lever les restrictions, l’IATA est confiante en l’avenir et continue de répéter que la demande des passagers loisirs n’attend qu’un assouplissement des conditions de voyage pour reprendre l’avion. « La volonté de voyager est là, cela ne fait aucun doute », promet Alexandre de Juniac, qui s’apprête à passer la main à Willie Walsh en tant que directeur général de l’IATA.








