L’Etat polonais est décapité. Le samedi 10 avril, à 10h15, heure locale, le Tupolev 154 de l’armée de l’air polonaise transportant le Président Lech Kaczynski et plusieurs des plus hauts dignitaires du pays s’est écrasé alors qu’il tentait d’atterrir sur l’aéroport militaire de Smolensk Severny. Il se rendait à une cérémonie commémorative du massacre de Katyn et 96 personnes, dont huit membres d’équipage, se trouvaient à bord.
Le Tupolev 154M, portant le numéro 101, avait décollé de Varsovie et se rendait à Smolensk, où régnait un épais brouillard. Après trois tentatives d’atterrissage, l’appareil a accroché la cime des arbres et s’est écrasé à 300m de la piste. Il n’y a aucun survivant.
L’enquête sur les causes de l’accident a été lancée par les autorités russes. Elles regroupent des experts russes et polonais. Les enregistreurs ont été retrouvés en très bon état et contiennent les conversations et les données du vol dans leur intégralité.
Les premiers éléments de l’enquête ont écarté l’hypothèse d’une défaillance du Tupolev et pointent du doigt la responsabilité de l’équipage. Il avait en effet été informé des conditions météorologiques régnant sur la plateforme, caractérisées par un épais brouillard avec une visibilité inférieure à 500m. Les autorités aériennes lui avaient même proposé de se dérouter vers Minsk, Vitebsk ou Moscou.
Mais malgré cela et même après plusieurs approches manquées, l’équipage a décidé de poursuivre. A la quatrième tentative, il se serait présenté trop bas et aurait touché la cime d’un arbre de 8m à 1 200m de la piste, à un endroit où il aurait dû se trouver à une altitude de 60m.
La question se pose à présent de savoir si les pilotes ont pu subir une pression de la part de leur hiérarchie, le chef d’Etat major et les principaux chefs de l’armée polonaise s’étant trouvé à bord. Dans des conditions similaires, un vol commercial n’aurait jamais tenté une nouvelle approche au régard de la réglementation internationale.
L’équipement de l’appareil pourrait également avoir contribué à l’accident. Entré en service en 1990, le Tupolev n’était pas doté d’instrument lui permettant d’atterrir en toute sécurité avec une si piètre visibilité.








