Fin décembre, Air China recevait son sixième A350 dans les installations d’Airbus à Toulouse. L’occasion pour Le Journal de l’Aviation de rencontrer Fan Wang, la directrice générale de la compagnie pour la France et la Belgique, et de discuter de ses ambitions sur l’Europe et le marché français alors que la campagne publicitaire « Land your dream » bat son plein.
Pouvez-vous faire un bilan de la situation globale d’Air China aujourd’hui ?
Air China est la compagnie nationale porte-drapeau de Chine. Nous desservons 1 317 destinations dans 193 pays avec notre flotte de 590 avions, d’un âge moyen de 6,5 ans. Nous avions transporté 102 millions de passagers en 2017 mais nous avons beaucoup augmenté notre trafic cette année, de 8% sur les onze premiers mois.
Pékin est notre hub principal, à partir duquel nous pouvons offrir des connexions très efficaces vers la plupart des villes chinoises et vers l’Asie, notamment le Japon, l’Asie du sud-est et l’Australie. Shanghai est notre portail international et Chengdu est notre hub régional.
Il faut savoir qu’Air China est la plus grande compagnie entre la Chine et l’Europe : nous avons dix-huit destinations sur le continent et plus de 280 vols par semaine.
En France, tous nos vols sont opérés depuis Paris CDG. Cet hiver, nous avons onze vols directs vers Pékin, quatre vers Shanghai et trois vers Chengdu. Jusqu’en novembre, nous avons transporté 456 000 passagers entre la France et la Chine, ce qui représente une augmentation de 15% pour une hausse des capacités de 8%.
Quels sont vos projets pour l’A350 ?
Nous avons reçu notre premier A350 en août et nous venons de recevoir le sixième. Nous avons commandé dix appareils et les quatre derniers seront livrés cette année. Ils ont d’abord volé sur des vols courts pour former les équipages mais ils sont désormais utilisés sur l’Europe depuis octobre, vers Francfort et Milan. J’espère qu’ils voleront vers Paris dès 2019.
Nous avons choisi un aménagement unique dans notre flotte pour la cabine de l’A350 parce que c’est un avion à part – rien que la luminosité et le mood lighting ont complètement changé l’expérience passager, par exemple par rapport à l’A330. Nous avons installé des sièges inclinables à 180° et avec un accès au couloir en classe affaires [32 Super Diamond de Collins Aerospace, ndlr].
Nous avons beaucoup amélioré la Premium Economy en choisissant un siège différencié de la classe économique qui intègre un repose-jambes et un repose-pieds confortables, un appuie-tête réglable.
Et nous proposons du WiFi gratuit.

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Quel est le but de la campagne « Land your dream » et pourquoi l’avoir lancée maintenant ?
Jusqu’à présent, la plupart de nos campagnes à l’étranger étaient organisées par le siège à Pékin. Mais chaque pays a une culture différente et on doit pouvoir s’adapter si l’on veut se faire entendre par les personnes sur place. C’est pourquoi Air China a débloqué un budget conséquent il y a deux ans pour construire avec les équipes locales une campagne à l’étranger, dont le but est d’augmenter la notoriété de la marque et de stimuler l’attrait des populations. Notre réseau, notre flotte, la signification de notre logo [on peut lire VIP sur le logo du phénix, ndlr] ne sont pas assez connus ; nous ne sommes pas assez connus. Et nous avons aussi voulu transmettre le dynamisme de la Chine à travers cette campagne. Elle est menée jusqu’en mars sur nos marchés en France, au Royaume-Uni et en Allemagne. Nous préparons une seconde campagne pour la fin 2019 qui pourrait être élargie à d’autres pays européens.
Avez-vous l’intention d’utiliser davantage les droits de trafic débloqués entre la France et la Chine ?
Notre campagne va s’achever sur une augmentation de nos fréquences en France. Nous avons dix-huit vols hebdomadaires pour la saison hiver qui passeront à vingt-quatre cet été : deux vols quotidiens sur Pékin – Paris, un quotidien sur Shanghai – Paris et trois vols par semaine vers Chengdu.
En ce qui concerne les droits de trafic entre la France et la Chine, les compagnies chinoises ont droit à 90 vols par semaine. Nous n’utilisons pas tout puisque 59 vols sont réalisés. Est-ce que nous allons tout utiliser ? Je ne sais pas, cela dépend de chaque compagnie, des vols qu’elles veulent ouvrir. Nous ne pouvons pas dire « nous avons des droits, nous allons les utiliser », il faut un marché et nous sommes plusieurs à les partager.
Quelle est votre appréciation du marché français ?
Chaque marché a ses difficultés et la concurrence est partout.Avant d’être basée à Paris, j’étais à Genève – nous proposons le seul vol direct entre Genève et Pékin. Cela peut aussi être vu comme un marché difficile parce qu’il n’y a pas beaucoup de volume. Genève est petit, même s’il y a beaucoup de voyageurs institutionnels et d’affaires. En revanche, la France est un énorme marché : il y a 700 000 Chinois en France, dont 60 000 à 70 000 vivent à Paris.
Cette année, nous allons célébrer le 45e anniversaire du vol Pékin – Paris. Après tant d’années, nous avons vraiment une structure de passagers très saine, pas seulement sur le secteur loisir car nous bénéficions aussi d’un réel soutien des secteurs institutionnels et affaires. Nous l’avons vu : le coefficient de remplissage a augmenté de dix points en 2018 sur la France. Autre exemple : en 2016, nous avons ouvert Chengdu – Paris. La première année a été difficile car Chengdu est un hub régional et nous avons une petite fréquence. Les Français ne connaissaient pas forcément. Mais je pense que tout le monde connaît les pandas et, après deux ans et en particulier cette année, le remplissage s’est vraiment amélioré, à tel point que nous espérons vraiment pouvoir demander une fréquence hebdomadaire supplémentaire pour l’été prochain.

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