KLM va devoir prendre de nouvelles mesures pour améliorer ses résultats, alors que le programme de redressement « Back on track » produit ses effets, mais pas assez. Au vu du renchérissement des opérations à Amsterdam et de l’augmentation durable des prix du carburant, la compagnie néerlandaise va devoir se recentrer davantage sur le cœur de ses opérations. Avec pour conséquences une révision du plan de flotte, dans laquelle les Airbus A320neo vont devoir laisser la place aux Embraer E2, et une réduction 15 % des effectifs.
Pourtant, les efforts consentis ces dernières années par KLM avaient permis des améliorations structurelles de plus de 750 millions d’euros de ses performances financières. La compagnie a réussi à résoudre sa pénurie de pilotes et de techniciens, a externalisé certaines activités et réduit ses effectifs administratifs. Bas Brouns, directeur financier de KLM, a donné le cap : « améliorer notre résultat annuel d’un milliard d’euros est essentiel pour mener à bien notre stratégie » et améliorer la résilience de la compagnie.
KLM ne recevra pas d’A320neo
L’une de ses mesures va être la restructuration de l’activité moyen-courrier, qui doit devenir plus compétitive. Si les A321neo ont toujours leur place dans la flotte de KLM (elle en exploite dix-huit actuellement), les A320neo ne sont plus d’actualité. Ceux qui devaient être intégrés seront remplacés par des E195-E2, moins capacitaires et mieux adaptés à la demande sur le réseau européen. KLM Cityhopper, qui les exploite et en compte actuellement vingt-cinq en service, est donc appelée à prendre de l’ampleur. Sa flotte va également être simplifiée avec le retrait progressif des E190 (E1). Elle confirme également le retrait progressif de la flotte de Boeing 737NG chez KLM.
En ce qui concerne les E195-E2, KLM a annoncé en 2025 qu’elle allait introduire une dizaine d’appareils supplémentaires, avec des livraisons prévues entre 2027 et 2029. Au début du mois d’octobre, dans un entretien accordé au magazine américain Aviation Week, le directeur de KLM Cityhopper, Maarten Koopmans, avait par ailleurs indiqué que la compagnie détenait des options pour vingt-cinq appareils et qu’il espérait une décision sur leur sort d’ici la fin de l’année.
Quant aux A320neo, ils ne seront pas annulés mais simplement réaffectés auprès d’autres compagnies du groupe.
Les capacités sur le moyen-courrier seront affectées aux liaisons les plus rentables et les plus efficaces à nourrir le hub. Les A321neo desserviront les lignes où la demande est la plus forte et l’E195-E2 prendra en charge le reste du réseau.
Recours accru à l’externalisation
Désireuse de se recentrer sur ses activités principales, KLM va recourir davantage à l’externalisation, par exemple pour les services de piste pour les vols européens et les services bagages. Dans la MRO, KLM E&M concentrera progressivement ses activités sur « la flotte de demain » : elle supprimera peu à peu les travaux de maintenance sur les flottes en cours de retrait pour les confier à d’autres acteurs. La division devra également réaliser au maximum les interventions de maintenance pendant les temps d’immobilisation programmés.
D’autres activités seront également optimisées, par une réorganisation du travail (services au sol) ou par le déploiement de la numérisation des services et de nouvelles technologies. Grâce à ces outils, les passagers géreront davantage leur voyage, les employés des terminaux se concentrant sur l’accueil et le service client direct. KLM Cargo regroupera l’ensemble de la manutention du fret dans son entrepôt à Schiphol, qu’il s’agisse de fret pour les soutes des avions passagers ou pour les avions cargo. L’augmentation des volumes sera absorbée sans personnel supplémentaire, grâce à la simplification des processus et à une automatisation accrue.
Vers une réduction des effectifs de 15 %
Pour les collaborateurs, les efforts vont être coûteux. « Les effectifs de KLM, déjà en baisse ces dernières années, vont encore diminuer de près de 15 % », annonce la compagnie, ce qui représente 5 000 postes. Elle détaille que 1 250 postes chez KLM Catering Services sont assurés en partenariat avec gategroup, que les tâches réalisées par 800 postes au sein de Ground Services seront transférées à des prestataires externes, et que 2 000 postes, dont 1 500 au sein du centre de contact client Cygnific, seront transférés à Air France-KLM. Enfin, un millier de postes seront supprimés.
KLM espère réduire au maximum l’impact de ces réorganisations en s’appuyant sur le non-remplacement des départs naturels, sur des accords de départ volontaire et des réaffectations. Elle précise que ces décisions avaient été reportées mais sont devenues incontournables et devront aller de pair avec une amélioration de 8 % de la productivité d’ici 2028, ce qui va nécessiter des négociations avec les syndicats pour établir de nouvelles conventions collectives.
« L’avenir de KLM n’est pas garanti. L’environnement dans lequel nous évoluons devient de plus en plus complexe, marqué par l’instabilité mondiale, les prix élevés du carburant et une pression croissante sur le secteur aérien. C’est pourquoi, à ce moment charnière pour KLM, nous prenons des mesures de grande envergure, parfois douloureuses. Chaque service et chaque division est invité à y contribuer », résume Marjan Rintel, présidente-directrice générale de KLM.
En revanche, des investissements-clés ne sont pas remis en question. La modernisation de la flotte va se poursuivre, bien sûr avec l’A321neo et l’E195-E2, mais aussi sur le long-courrier comme le montre la livraison récente de son premier A350 et l’arrivée prévue des A350F. La montée en gamme n’est pas non plus mise en pause et l’amélioration continue du service à bord et du confort des passagers reste une priorité.