Les années se succèdent et le niveau des prises de commandes d’avions de ligne reste à un niveau exceptionnel. L’avionneur européen Airbus a dévoilé ses chiffres de commandes et de livraisons lors de sa traditionnelle conférence annuelle qui se tenait aujourd’hui 13 janvier au Delivery Center de Toulouse. Fabrice Brégier, CEO d’Airbus, nous promettait il y a tout juste un an un « Book to bill » supérieur à 1. Ce rapport aura finalement été une nouvelle fois largement supérieur à 2, avec 1456 appareils en commandes nettes (1796 en commandes brutes) pour 629 avions livrés à 89 clients et opérateurs dont 8 nouveaux.
Il s’agit du deuxième meilleur résultat de l’avionneur européen après les chiffres historiques de l’année dernière. A titre de comparaison, Airbus avait vendu 1503 nouveaux avions commerciaux en 2013 (1619 si on exclut les annulations), son record absolu. Mieux, les équipes commerciales d’Airbus, menées par John Leahy, ont une nouvelle fois vendu plus d’appareils que ceux de son concurrent américain Boeing (1432 appareils en commandes nettes, 1550 en brutes), confortant ainsi la place de l’avionneur européen en tant que numéro un mondial des avions commerciaux. Airbus aura ainsi placé 425 appareils pour le seul mois de décembre.
Le carnet de commandes d’Airbus atteint ainsi un nouveau record en nombre d’appareils (6386) et en valeur (919,3 milliards de dollars, prix catalogue 2014). C’est 827 appareils de plus que l’année dernière, Fabrice Brégier indiquant que cela correspondait à l’équivalent de 9 années de production.
Comme on pouvait s’y attendre, le nombre de livraisons a également atteint un niveau record, augmentation des cadences d’assemblage pour la famille A320 oblige. Airbus aura ainsi livré 490 monocouloirs, 108 A330, 30 A380 (dont les premiers exemplaires destinés aux trois nouveaux opérateurs du type, à savoir Asiana, Qatar Airways et Etihad) ainsi que le 1er exemplaire de l’A350-900 (Qatar Airways). C’est moins bien que Boeing (723) mais logique, compte tenu du grand nombre de gros porteurs actuellement livrés par l’avionneur américain. Comme l’a indiqué John Leahy, cette tendance devrait s’inverser dans les prochaines années avec la montée en cadence de l’A350 (10 appareils par mois visés dans 4 ans) ainsi qu’avec l’arrivée de l’A330neo.
Seule ombre au tableau, l’absence de nouvelles commandes d’A380 venant s’ajouter au 20 exemplaires du loueur Amedeo annoncé en février, ce qui ne manquera pas d’alimenter la pression de certains clients, Emirates en tête, pour une version remotorisée du Superjumbo. Le carnet de commandes de l’A380 plafonne aujourd’hui à 317 exemplaires dont 165 restent à livrer. Fabrice Brégier et John Leahy ont cependant été très clairs sur le sujet : les différentes hypothèses concernant un futur A380 (remotorisation à moyen terme, allongement à plus long terme) ne sont pas d’actualité aujourd’hui, l’avionneur donnant la priorité à la rentabilité du programme existant.
Le Superjumbo européen reste aujourd’hui l’appareil affichant le plus faible coût par siège du marché, même avec l’arrivée des nouveaux biréacteurs long-courriers toujours plus performants. « La priorité est de trouver des clients pour la version actuelle » a ainsi expliqué le PDG d’Airbus, alors que John Leahy a rappelé que de nouveaux contrats seraient de toute façon liés à la croissance inéluctable du transport aérien mondial qui double tous les 15 ans.
Pour les objectifs de ventes d’Airbus de 2015, Fabrice Brégier a indiqué tabler une nouvelle fois sur un « Book to bill » supérieur à 1, un challenge que John Leahy s’est évidemment empresser d’accepter avec un grand sourire, même si l’avionneur a enfin profité de la nouvelle année qui démarre pour augmenter ses prix catalogue. La gamme voit son prix augmenter de 3,27% en moyenne depuis 1er janvier.


