Le 787 a pu reprendre son envol le 25 mars, le temps d’un test. Le Dreamliner n°86, destiné à LOT, a décollé des installations de Boeing à Paine Field pour un vol d’essai d’environ deux heures, un vol de vérification normal comme ceux réalisés avant une livraison mais dont l’un des objectifs était tout de même spécial : évaluer les modifications apportées au système de batterie lithium-ion.
Les données recueillies lors de cette sortie vont désormais être analysées. Si les résultats sont concluants, Boeing mettra en place un programme de certification du nouveau système électrique qui pourrait compter un deuxième vol dans les prochains jours. Celui-ci sera de nouveau réalisé par le Dreamliner au numéro de série 86.
La flotte mondiale de 787 (cinquante appareils) est clouée au sol depuis la mi-janvier en raison de deux occurrences de surchauffe du système de batterie lithium-ion qui ont entraîné un début d’incendie sur un appareil de Japan Airlines et un dégagement de fumée sur un appareil d’ANA.
Depuis, 200 ingénieurs ont cumulé 200 000 heures de tests et d’analyses sur les batteries et ont imaginé une série de mesures correctives incluant l’installation d’un caisson plus résistant pour contenir un éventuel incendie, un plus grand espacement entre les batteries et une meilleure ventilation pour réduire le risque de surchauffe. Ces mesures ont convaincu la FAA qui a autorisé le 12 mars la reprise des vols d’essais pour certifier ce système.
Il s’agit d’un premier pas bienvenu vers la reprise des vols commerciaux. Boeing perdrait en effet 50 millions de dollars par semaine avec l’immobilisation des 787, d’autant que l’avionneur n’a pas suspendu leur production et continue au contraire d’augmenter les cadences comme il était initialement prévu. A cela devraient s’ajouter les compensations que les compagnies envisagent de réclamer pour compenser le manque à gagner – Japan Airlines a par exemple estimé l’impact de l’immobilisation de ses sept 787 entre janvier et fin mai à 19 millions de dollars.
LOT Polish Airlines a indiqué le 22 mars qu’elle serait la première compagnie aérienne à remettre sa flotte de (deux) Dreamliner en service, une fois que les modifications auront été certifiées par la FAA.









