Alors que Aéroports de Paris (ADP) vient de publier le dossier public de consultation du Contrat de Régulation Economique 2016-2020, la Fédération Nationale de l’Aviation Marchande, FNAM, dénonce des redevances aéroportuaires trop élevées. Après les avoir augmenté de 2,95 % l’an dernier, ADP envisage de les hausser cette année de 2,4 %, se plaçant ainsi parmi les aéroports européens les plus chers à l’image de la plateforme londonienne d’Heathrow. Cette nouvelle tarification, qui sera applicable du 1er avril 2015 au 31 mars 2016, correspond à 11 fois l’inflation, s’indigne la FNAM.
Le syndicat de transport aérien représentant plus de 95 % des transporteurs aériens français demande le gel, voire la baisse des taxes aéroportuaires (comme c’est le cas à Amsterdam), dans un contexte de crise économique pour les compagnies aériennes françaises. La FNAM s’appuie sur le rapport Bruno Le Roux sur la compétitivité du transport aérien français pour pointer du doigt la hausse de 30 % depuis 2005 des redevances aéroportuaires sur Roissy et Orly. Une augmentation qui aurait permis à ADP d’empocher 1 100 M € chaque année.
Le CRE, entré en vigueur pour la première fois en 2006, permet à ADP d’améliorer sa compétitivité en modernisant notamment ses infrastructures avec notamment l’argent des redevances. Pour le nouveau CRE 2016-2020, dont les discussions vont s’ouvrir prochainement au sein de la Commissions Consultatives Aéroportuaires (CCA), ADP prévoit d’investir 3,1 milliards d’euros obtenus grâce à une augmentation de redevances de 1,75 % par an (hors inflation). Sa signature entre l’Etat et ADP devrait aboutir en Juillet 2015, a rappelé la FNAM.
Le SCARA a quant à lui protesté contre la hausse des redevances sur l’ensemble de la période du nouveau CRE, estimant qu’elles allaient ponctionner les compagnies aériennes de près de 400 millions d’euros supplémentaires.

