Au lendemain du conseil ministériel de l’Agence spatiale européenne (ESA) qui s’est tenu les 1er et 2 décembre derniers au Luxembourg et le lancement officiel par les 20 ministres européens de l’espace du nouveau programme de lanceur Ariane 6 en remplacement d’Ariane 5, les industriels Airbus group et Safran annoncent la création de leur coentreprise. « Cette création concrétise l’annonce faite en juin dernier par Airbus Group et Safran de leur intention de regrouper leurs activités Lanceurs respectives pour accroître la compétitivité et garantir la rentabilité de la filière européenne des lanceurs spatiaux face à une concurrence internationale accrue», ont indiqué les deux groupes dans un communiqué commun.
Baptisée Airbus Safran Launchers, l’entreprise, qui sera opérationnelle le 1er janvier 2015, a pour objectif de « maintenir le niveau exceptionnel de qualité et de fiabilité d’Ariane 5, tout en développant une famille de lanceurs spatiaux de nouvelle génération destinée à conforter le leadership de l’Europe dans l’industrie spatiale », selon ses créateurs. Le patron d’Airbus Group Tom Enders est lui convaincu qu’ « Airbus Safran Launchers deviendra un fleuron mondial dans le domaine des lanceurs. »
Basée à Issy-les-Moulineaux dans les Hauts-de-Seine, la société commune va regrouper les activités dédiées aux lanceurs spatiaux d’Airbus Group et de Safran. De plus, les actions Arianespace détenues par le Centre National d’Etudes Spatiales (CNES) français seront transférées à la coentreprise qui va rassembler, dans un premier temps, 450 salariés.
Ariane 6, premier vol en 2020
Ariane 6, présenté comme un « lanceur modulaire, compétitif et adapté aux vols institutionnels, scientifiques et commerciaux », devrait permettre à l’industrie spatiale européenne de garder son leadership dans le domaine très concurrentiel des lanceurs spatiaux sur le plan international. Ariane 5 commençait à montrer ses limites notamment face à des nouveaux programmes comme le Falcon Heavy de Space Exploration Technologies (SpaceX), un puissant lanceur de satellites moins coûteux que ses concurrents et dont le premier vol est prévu en 2015. Ariane 6, lui, entrera en service dans six ans avec un premier vol programmé pour 2020. Deux versions du lanceur seront disponibles : Ariane 62, pour lancer un satellite, et Ariane 64, pour deux satellites de taille moyenne.
« Avec cette décision historique, les Etats-membres ont apporté une réponse forte à la concurrence internationale, dans un secteur stratégique pour la souveraineté européenne, pour son industrie, pour l’emploi. Ils ont démontré que lorsqu’elle est unie, l’Europe est forte et sait relever les défis collectivement », a indiqué dans un communiqué la secrétaire d’État chargée de l’espace, Geneviève Fioraso. Quant à Jean-Yves Le Gall, président du CNES, il ne cache pas son enthousiasme : « ce lanceur, nous l’avons rêvé, l’Europe va le faire ! »

