Le carburéacteur flirte aujourd’hui avec les 500 dollars la tonne, soit la moitié de sa valeur moyenne 6 mois plus tôt. Selon l’association IATA, la baisse du cours du carburant réduira de plus de 90 milliards de dollars la lourde facture payée l’année dernière par l’ensemble des compagnies aériennes, augmentant ainsi leur rentabilité. Si les principaux acteurs du transport aérien n’ont pour l’instant pas annoncé de mesures concernant une quelconque évolution de leur flotte ou de leur capacité au regard de la chute du prix du carburant, la question sur le remplacement à court terme d’avions de ligne plus économes en carburant se pose. Les compagnies pourraient en effet être tentées de garder des appareils déjà amortis un peu plus longtemps.
Lors de la présentation de ses résultats annuels mi-janvier, l’avionneur européen Airbus, tout comme Boeing quelques jours plus tôt, s’est montré plutôt optimiste sur les conséquences de la baisse du prix du carburant sur son carnet de commandes. Avec un backlog représentant une moyenne de 8 ans de production, Fabrice Brégier, le Directeur général d’Airbus, peut même envisager sereinement une éventuelle baisse des commandes cette année. Pour son Directeur commercial John Leahy, le fait que les compagnies aériennes soient plus rentables pourrait même au contraire avoir un effet bénéfique sur leurs investissements. « De toute façon, les compagnies prévoient sur le long terme » a-t-il indiqué, ajoutant que « les appareils commandés aujourd’hui seront encore en service dans 20 ou 25 ans ».
Pour Patrick de Castelbajac, PDG d’ATR, la baisse du cours du carburant est aussi une bonne nouvelle même si la volatilité des prix pourrait retarder la prise de décision de certaines compagnies aériennes. Le PDG de l’avionneur franco-italien s’attend à un possible ralentissement des prises de commandes cette année même si, de toutes les façons, la tendance sur le long terme ira nécessairement vers un pétrole cher. Selon Patrick de Castelbajac, les compagnies aériennes ne referont pas la même erreur que dans les années 2000 ou elles s’étaient ruées sur les jets régionaux de moins de 90 places pour les parquer ensuite quelques années plus tard.
Même son de cloche pour le patron d’Airbus Group. Si Tom Enders s’est également réjoui à la fin du mois de janvier des conséquences de la baisse du cours du pétrole sur les résultats financiers des compagnies aériennes, il n’en va pas de même pour son impact sur les ventes d’hélicoptères civils et notamment sur le secteur pétrolier et gazier, Airbus Helicopters étant traditionnellement bien positionné sur le marché « Oil & Gas », notamment avec l’EC225 (Super Puma) et le nouveau EC175.
Le groupe Airbus entend notamment compenser la baisse des ventes d’hélicoptères civils par une hausse des commandes du côté de ses activités Défense. Pour Marwan Lahoud, le directeur général délégué en charge de la stratégie et de l’international du groupe aéronautique européen, la baisse du prix du carburant pourra en effet avoir un impact bénéfique sur les acquisitions de matériel militaire, les forces armées budgétisant par exemple à l’avance leur consommation.
L’industrie de l’aviation d’affaires est pour sa part traditionnellement moins dépendante des fluctuations du prix du carburant, même si le nombre d’heures de vol commercialisées par les opérateurs spécialisés devrait nécessairement connaitre une augmentation.








